Le spécialiste du voyage responsable

Interview Certe Mathurin : "Mon prénom, c'est un adverbe avec une faute d'orthographe !"

Que ce soit pour rire, pour faire des rimes, pour émouvoir ou pour écrire, Certe Mathurin est un amoureux de mots. Il y a quelques semaines, le show man a investi la scène du Jamel Comedy Club tandis qu’il est en pleine rédaction de son premier roman à paraître avant la fin de l’année. Entre slams, poésie, stand-up et autres écrits, le rigolo à la trentaine livre son intimité, émeut et ne manque pas de s’engager. De lui, on retiendra ses origines haïtiennes à l’occasion du No Mad Festival 2017, auquel nous l’avons convié pour ambiancer la scène avec humour le samedi 17 juin prochain au soir. Une grande première pour l’évènement que d’avoir un humoriste dans sa programmation et l’occasion pour quelques questions à celui dont le prénom, "est un adverbe avec une faute d’orthographe !"

- Certe, si tu devais te présenter en quelques mots, qu’est-ce que tu pourrais nous dire ?

  "Yo ! J’ai 30 ans, je suis un passionné des mots et entrepreneur compulsif, c’est-à-dire que que j’adore écrire pour transmettre de l’émotion, soit par des sketches, des chansons ou des histoires."

- Tu es d’origine haïtienne, quelle vision globale as-tu de ce pays et quelle est ta relation ? Est-ce que tu t’y rends souvent ?

"J’ai depuis peu une bonne vision du pays de mes parents... Je m’y suis rendu pour la première en 2001 mais je n’ai pas beaucoup aimé car mes parents étaient très prudents donc je ne suis resté que dans la maison familiale. J’y suis retourné à l’été 2014, seul. C’est là que j’ai eu un coup de coeur pour le pays et vu son potentiel. Aujourd’hui, je sens que j’ai un attachement émotionnel avec l’île. J’essaie d’y aller tous les ans ou deux, j’ai même des projets entrepreneuriaux là bas..."

- Si tu devais nous conseiller un endroit où aller en Haïti, une bonne adresse, ce serait quoi ?

"J’aimerais vous conseiller d’aller à Aquin, une ville portuaire au Sud de l’île. C’est de là que viennent mes parents, j’aime beaucoup."

- Le voyage responsable, ça t’évoque quoi ? Est-ce que tu vois en cette façon de voyager des apports bénéfiques pour le pays visité ? As-tu déjà toi-même expérimenté un voyage responsable et solidaire ?

"Pour moi, le voyage responsable c’est  le fait de considérer l’endroit où l’on va comme sa maison, avoir le même respect de l’hygiène et la protection. J’essaie de faire en sorte que chaque voyage que je fais soit responsable et solidaire. Par exemple, je me déplace en transports locaux ou à pied. Je ne deviens pas un accroc du taxi parce que je suis à l’étranger. J’ai une pratique que j’aime beaucoup faire quand je pars à l’étranger plusieurs jours aussi, c’est aller à l’université pour apprendre avec l’œil des étudiants. Rien de mieux pour comprendre un pays que de voir son système scolaire !"

 - Qu’est-ce qui fait selon toi les forces d’Haïti pour aider les voyageurs à envisager de se rendre là-bas ? Et à contrario, sur quoi aimerais-tu les mettre en garde ?

"La force d’Haïti réside dans plusieurs points : tout d’abord la richesse de son paysage entre mer et montagne, rural et citadin. Ensuite, pour m’y être rendu en mode écriture, je trouve le pays relaxant et inspirant. Les inégalités économiques créent forcément des tensions avec les touristes ostentatoires donc il faut faire attention sur ce point. La conduite aussi est quelque chose de dangereux dans le pays..."

- Quelles sont les valeurs qui t’animent et que tu as envie de porter dans ton travail de manière générale ? Si tu devais résumer d’où te viennent ces valeurs en quelques points, ce serait quoi le mix ?

"Comme je le dis dans un de mes textes :

J’écris des textes depuis petit pour donner de l’émotion,
Je continuerai jusqu’au bout c’est ma seule vraie résolution,
J’ai compris que c’était le but de mon passage sur Terre,
Quand j’ai vu que l’amour était devenu un mystère.
Je ressens de l’amour pour chaque être de ce monde,
Comme si on était connecté depuis notre seconde.
Si ça te paraît utopique c’est que t’as pas essayé,
On est sur Terre pour s’aimer pas pour s’exterminer.

Je travaille dans le but de m’enrichir au maximum de belles expériences et pour tenter de réconcilier les gens, soit par la scène, soit via mon club d’échecs en banlieue, soit par de l’entrepreneuriat social. Mes valeurs viennent clairement de mes parents et particulièrement de ma mère et de l’amour fraternel que j’ai avec mes sœurs. Haïti a également une part dedans : c’est un peuple fort et fier et j’essaie au maximum de l’être."

- Tu travailles à l’écriture d’un roman en ce moment, de quoi ça parle ?

"Mon roman parle de quête de soi, de voyage, d’entrepreneuriat social. La morale est également très romantique : quelque soit l’endroit où vous êtes né sur Terre, vous pouvez rencontrer l’amour. "

- Tu te définis comme un word addict, pourrais-tu nous envoyer quelques lignes qui évoquent Haïti d’après ta sensibilité ?

"C’est l’histoire d’une île des Caraïbes qui a porté bien des noms
Et qui en 5 siècles a vu passer bien des démons.
Cette île c’est la mienne je vous parle bien sûr d’Haïti,
Ce pays mystérieux dont l’histoire est meurtrie
Comme toutes les Amériques il y a 5 siècles les indiens y résident,
Cette civilisation est nomade et paisible.
Le peuple Taïnos surnomma leur terre Ayiti
En référence aux hautes montagnes qui surplombent le pays.

En ce temps l’île est belle et les paysages fleuris
Mais la fin du 15 siècle marqua le début des ennuis
1492, une date que tout le monde connaît par cœur,
Certains l’associent à l’histoire, moi je l’associe au malheur...

La suite du texte au No Mad Festival !"

Certe Mathurin sera l’invité du No Mad Festival 2017 à Cergy-Pontoise et se produira sur scène le samedi 17 juin à partir de 20h30. Spectacle en accès libre suivi d’un concert de musique haïtienne, venez nombreux ! 

 

 

ARTICLE ÉCRIT PAR :
Fondatrice / Responsable Éditorial le
Laisser un commentaire