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Tanzanie Une journée avec une famille Massaï

À peine arrivée en Tanzanie, je suis partie en direction de la Terre des Massaï, au Nord du pays, à 1h30 de route au Nord d’Arusha. Bienvenue à Longido, où il ne semble rien y avoir mis à part une grande montagne en toile de fond et le bush. Pourtant, à peine descendue du véhicule, je découvre une poignée de girafes, à seulement quelques mètres de moi. Ce sera le début d’une journée marquante en Tanzanie, l’une des plus émouvantes même...

C’est au campement où se tiennent quelques tentes en dur entourées d’acacias que débutera une véritable immersion humaine, le temps d’une nuit pour vivre de vrais échanges et une rencontre inoubliable aux côtés d’une famille Massaï.

J’entends au loin le bruit d’un troupeau de chèvres qui s’approche de nous, des cloches qui sont attachées à leur cou. Un garçon et un grand homme vêtu de son tissu rouge, si emblématique de la tribu des Massaï viennent vers moi.

Il s’avère que Nairowa, ce grand monsieur, est le chef de la famille Massaï avec qui je vais passer une bonne partie de la journée. Il ne parle ni anglais, ni français mais le swahili et son dialecte. Je m’aperçois vite qu’il sera assez compliqué de se comprendre mais je le suis.

Nairowa tient un bâton et porte des sandales qu’il a fabriquées à base de pneus de mobylettes qui me semblent de suite confortables et adaptées au bush et à ses piques d’arbres d’acacias que mes chaussures de randonnées ne peuvent éviter, contrairement à ses sandales ouvertes.

Nairowa m’emmène alors pour découvrir son environnement le temps d’une première marche de deux heures environ durant laquelle je découvre d’autres girafes, encore plus proches que celles que j’ai pu contempler quelques temps auparavant.

J’observe l’environnement naturel autour de moi où j’entends parfois le son d’un oiseau, d’une cloche qui me fait dire que leurs troupeaux de chèvres ne sont pas si loin.

C’est un peu plus tard dans la journée, lorsque je réalise que le soleil est prêt à se coucher, que Nairowa m’emmène découvrir son village, appelé aussi « boma » pour découvrir où il vit et surtout pour rencontrer sa propre famille. J’appréhende ce moment de rentrer dans son intimité, d’avoir ce sentiment de déranger et d’être une simple touriste qui souhaite « voir ».

Mais, je réalise que ce boma n’est pas un village touristique comme on peut aujourd’hui le voir dans certains endroits de la Tanzanie, mais bel et bien un petit village authentique où des chèvres constituent tout d’abord le premier comité d’accueil. Ce sont ensuite quelques enfants, et enfin des femmes, qui viennent à ma rencontre.

Un des garçons, l’un des fils de Nairowa, hésite dans un premier temps à venir à moi, puis je vois que mes lunettes de soleil l’intriguent tout comme mon appareil photo. Alors, je lui montre puis lui prête mes lunettes de soleil et c’est naturellement qu’il souhaite que je le prenne en photo. Le jeune garçon est alors d’un enthousiasme incroyable : il semble adorer mes lunettes, et encore plus lorsqu’il se découvre en photo. Il sourit, il rigole, tout comme les autres membres de la famille qui se joignent à nous au fil de ce moment fort en émotions.

Une femme souhaite me montrer l’intérieur de sa maison, une hutte qu’elle a elle-même construite à base de bouse de vaches. Je l’écoute sans vraiment comprendre un seul mot. Je sens que les larmes sont prêtes à couler, l’émotion est si forte lors de ce tête-à-tête avec une femme que je ne connais pas. L’intérieur de sa maison est si sombre que seuls ses yeux brillants et ses bijoux se distinguent.

Les femmes Massaï portent un tissu bleu tandis que les hommes portent du rouge. Elles ont les cheveux courts et arborent au quotidien de magnifiques bijoux au cou, aux oreilles et aux bras. Signe de beauté, des tatouages se dessinent sur leurs visages. Les Massaï arrachent également leurs deux dents du bas afin qu’on puisse leur donner à boire plus facilement en cas de besoin.

Le ciel s’assombrit de plus en plus, la lumière est toutefois encore très éclatante et incroyablement belle mais je sens qu’il est temps pour moi de retourner dans le campement où je passerai la nuit à proximité du boma de cette belle famille de Massaï. Merci Nairowa pour cette si jolie immersion !

Le naturel de cette rencontre a été si prenant émotionnellement que je repars le cœur rempli de bons souvenirs et de bienveillance.

Les Massaï font partie des 125 tribus nomades qui existent en Tanzanie et sont des bergers sédentaires qui se déplacent au fil des mois. Vous pourrez rencontrer de près comme de loin les Massaï tout au long de votre voyage dans le Nord du pays (sur la route entre Arusha et le Lac Natron, ou encore du côté du cratère de Ngorongoro). Je vous conseille de passer plusieurs heures à leurs côtés voire une ou plusieurs nuits dans un campement proche de leur village pour prendre le temps de découvrir leur mode de vie, leurs traditions et leur culture.

Évitez de vous rendre dans un « boma » purement touristique qui amène à la folklorisation, tout en développant le côté « voyeuriste » qui existe dans certains villages en ne passant que quelques minutes à leurs côtés.

Vous trouverez une idée d’itinéraire en Tanzanie en cliquant ici. Découvrez également la Tanzanie sur le blog La Girafe Qui Vole.

ARTICLE ÉCRIT PAR :
Marlène Marceau - La Girafe Qui Vole le
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