Ardi : le cri d’amour de Rania à sa Palestine

Babel Plans

Par Élise Chevillard

Posté le 18 février 2021

Photo Sources: Sousou Loves Eating.

Connaissez-vous la cuisine palestinienne ? A Paris, Ardi est le seul restaurant qui propose un voyage en Palestine de l’entrée au dessert, du thé de quatre-heures aux cours de danse le soir. Ici, on vient découvrir la culture de ce pays via sa gastronomie, mais aussi via des expositions, des ateliers et des événements artistiques.


C’est au cœur du nouvel éco-quartier Chapelle Internationale (Paris 18e) à la croisée des cultures, que Rania a installé Ardi, un lieu pluriel et familial qui évolue au fil de la journée : cantine le midi, salon de thé dans l’après-midi, et petite scène le soir pour recevoir du théâtre ou des cours de danse folklorique. Et si on mangeait palestinien ce soir ?

Du blog au restaurant

« La naissance d’Ardi découle de la relation avec ma communauté crée sur les réseaux sociaux » se souvient Rania. À l’origine, cette franco-palestinienne avait lancé un blog, "Les ptits plats palestiniens de Rania", afin de faire découvrir son pays à travers des articles sur la culture, le quotidien et la gastronomie. Très vite, elle se rend compte que les recettes qu’elle partage quotidiennement en font saliver plus d’un, et constate alors qu’il n’existe aucun restaurant palestinien en France.

Encouragée par sa communauté, elle se laisse convaincre et décide d’ouvrir en 2015 un lieu où « l’on va pouvoir découvrir la Palestine dans sa globalité via la gastronomie, mais aussi divers événements culturels » explique Rania. Ardi, qui signifie « ma terre », est né... Et prend ici tout son sens.

Une "petite maison palestinienne" à Paris

La première impression quand on entre chez Ardi, c’est cette sensation de pénétrer dans une « petite maison palestinienne ». Le lieu allie modernité et tradition. « Du sol au plafond, tout a été fait à la main » raconte Rania. Suspensions en papier mâché, toiles d’artistes palestiniens, artisanat divers… Tout est symbolique et raconte une histoire.

L’ambiance est ici familiale et rythmée par la musique orientale en fond sonore. Du midi au soir, les gens se mélangent, chantent et dansent pendant que Rania cuisine comme elle le ferait chez elle pour ses enfants. Si elle n’a pas grandi sur les terres palestiniennes, elle a pourtant hérité de ses traditions et de sa cuisine apprise aux côtés de ses tantes et de ses grands-mères. Avec Ardi, Rania se veut la gardienne de ce savoir-faire culinaire.

La Palestine dans l’assiette

Ici, tout est fait maison avec les produits de la « terre ». Au marché de son quartier, Rania privilégie le bio et les produits locaux quand elle le peut. « Les plats sont souvent à base de riz qu’on va épicer de façon différente selon l’accompagnement » explique-t-elle.

Au menu, on retrouve des mets traditionnels comme le « msakhan », un pain pita recouvert d’oignons caramélisés au sumac et de poulet rôti, ainsi qu’un plat de ragoût de gonbos (petit légume vert et gluant) appelé « bamieh ».

Photo Sources: Céline Lescaux

Vos papilles découvriront aussi une spécialité de la ville d’Hebron, le « idreh », un met à base de riz, préparé avec beaucoup d’ail, des épices, des pois chiches et de la viande.

La carte propose également des plats végétariens. Si l’envie vous prend de paresser à Ardi et de poursuivre votre voyage en Palestine, commandez un jus de grenade pressé sur place ou un thé rouge à la sauge sauvage et au miel. Les Palestiniens en raffolent !

Un lieu qui explore toutes les facettes de la culture palestinienne

Le soir, Rania pousse les tables du restaurant et la salle devient alors une scène pour accueillir une représentation théâtrale ou musicale, ou bien une salle de classe pour recevoir des cours de conversation en arabe et bientôt de calligraphie. Elle se tranforme également en salle de danse, pour apprendre quelques pas de Dabkeh, une danse folklorique du Moyen-Orient.

Photo Sources: Sousou Loves Eating

Régulièrement, les murs accueillent des expositions qui mettent en lumière peintres ou photographes palestiniens. Rania organise également des ateliers cuisine à destination des enfants et des parents, mais aussi des entreprises. Des idées pour la suite, elle n’en manque pas et aimerait par exemple proposer un petit espace épicerie fine avec une gamme de produits lacto-fermentés, une tradition ancestrale en Palestine.

Ardi

Restaurant palestinien dans le nouvel éco-quartier Chapelle Internationale (Paris 18e). Découverte de la culture du pays via la gastronomie, mais aussi des expos, des ateliers et des événements artistiques - dès 8 € la salade / 12 € le plat végétarien / 15 € le plat avec viande / 3,50 € le dessert

Coordonnées

06 61 59 37 48

[email protected]

https://www.facebook.com/ardiconceptstore/

10-12 rue Lydia Becker, Paris, 75018, Île-de-France, FR