Claire Marca : "Le lien humain fait la densité du voyage"

Interview

Par Laetitia Santos

Posté le 24 septembre 2020

Photo Sources: Aude Sirvain.

Claire et Reno Marca, c'est un duo de carnettistes plein d'audace. Parce qu'ils aiment courir les pays que les autres fuient mais aussi parce que leurs carnets mêlent photographie, crayon, autant que longs récits de vie bourrés de poésie.


On suit leur travail depuis plusieurs années déjà sans jamais pour autant les avoir rencontrés. Ils devaient exposer leurs croquis d'Algérie dans le cadre de la 6ème édition du No Mad Festival... et voilà que l'évènement est tombé à l'eau, lui aussi restreint par la covid. Qu'à cela ne tienne, on a bravé les aléas et initier un peu plus de connivence avec ces deux-là le temps d'une longue conversation téléphonique avec Claire qui a relié le temps d'une heure, la Bretagne à Cergy-Pontoise.

Premier rendez-vous - mais certainement pas le dernier ! - avec Claire et Reno Marca, non plus pour le No Mad Festival donc, mais à l'occasion de la réédition 20 ans après de leur tout premier ouvrage, 3 ans de voyage, paru ce jour aux éditions La Martinière. Elle sera complétée dès le 18 novembre prochain d'une exposition à la galerie 26 à Paris, intitulée quant à elle, 20 ans de voyages. Ne loupez pas cette réédition qui a fait couverture neuve et s'est enrichie d'un prologue et hors texte inédits mais aussi de dessins nouveaux : c'est assurémment un essentiel dans toute bibliothèque de voyageur...

Claire, pouvez-vous vous présenter vous et Reno ?

« Nous sommes auteur, illustrateur, peintre, avec cette particularité de travailler en binôme et même en couple. L’un pour l’image, l’autre pour le texte. Cela fait 20 ans désormais que l’on voyage et que l’on a été amené à créer cette activité, ce métier, je ne sais pas comment on peut appeler ça ! (rires). Nous nous sommes rencontrés en 1995 dans une école d’architecture et on a eu ce projet de grand voyage. de là est né l’idée de faire un livre, puis deux, trois… C’est comme ça que les choses se sont construites, par le fruit du hasard mais aussi parce que l’on a eu ce goût commun et cette complémentarité de savoir-faire. »

Comment s’est fait le mariage justement entre les crayons de Reno et votre plume, Claire ? Cela a-t-il été une évidence d’emblée ?

« À la fois de manière hasardeuse et en même temps de façon très naturelle car lorsque nous sommes partis en 2000, Reno était déjà illustrateur. Lui a toujours voulu en faire son métier et il avait démarré tout de suite après notre diplôme à Paris. Moi j’écrivais. J’aimais beaucoup ça mais je n’avais jamais songé à en faire un métier. En partant, on s’en est allé avec des carnets, des crayons… Reno a beaucoup dessiné et c'est aussi un passionné de photo. Moi j’écrivais. Nous avons commencé par envoyé des mails et c'est ainsi que la lecture de nos aventures a commencé à susciter de l'intérêt. Nous touchions des personnes qui étaient proches de nous au début puis le cercle s'est élargi. C’était vraiment plaisant cette interaction et c'est ainsi que l'on a réfléchi à une idée de livre, aussi parce que Reno avait déjà travaillé comme illustrateur et connaissait du monde dans l’édition. Nous sommes donc rentrés avec une idée assez précise de ce que nous voulions faire mais à la fois assez utopique. Est-ce que les gens allaient adhérer ? Est-ce que nous allions être édités ?... Sinon tant pis, nous aurions fait autre chose ! Ce que nous voulions, c'était raconter trois ans de voyage avec textes, photos et illustrations et il n’était pas question de dissocier tout ça. On n’a rien lâché sur cette envie qui correspondait vraiment à ce que l’on voulait faire et puis finalement, il y a eu ce premier livre, lequel a très bien marché et a généré d’autres projets et une longue histoire avec La Martinière. Il n’y a eu aucun calcul, aucune projection et pourtant, 20 ans après, on est toujours là...

Quand on parle de notre travail, on parle davantage de récits de voyage plutôt que de carnets car pour nous, la dimension du texte est très importante et ça nous distingue de plein d’auteurs plus illustrés et moins racontés en textes.

Et puis petit à petit, on accumule les carnets, on écrit beaucoup, les mails se développant, on envoie des textes, des photos, les gens posent des questions, les font circuler, on sent un intérêt… Alors on se dit, racontons tout ça ! Mais ça aurait pu ne pas marcher et faire pschitt ! »

Au début de vos voyages, il y a donc ce grand tour du monde qui a duré trois années. Comment a-t-il été initié et quelle était l’ambition initiale ?

« L’ambition n’était pas du tout littéraire, c’était un projet très personnel : nous avions 25 ans, toute la vie devant nous et aucune envie de rentrer dans un chemin tout tracé. Nous rêvions d'écrire le nôtre d’une manière un peu différente... Sans savoir du tout où ça nous mènerait car on ne se projetait pas du tout au-delà de ce voyage dont on espérait qu’il dure longtemps mais sans savoir combien de temps ni vers où… Nous voulions aller en direction de l’Afrique mais c’était à peu près la seule envie ! »

Et pourquoi l’Afrique au départ ?

« Ce grand voyage, c’était en premier lieu pour goûter à une expérience de vie particulière, une forme de sas vers autre chose sans savoir ce dont il s’agirait. Nous étions portés par une curiosité, une envie de bouger et de ne pas rentrer dans la norme. Ça a été l’Afrique car moi j’avais eu des expériences africaines assez jeune et parce que c’est un territoire qui n’est pas très exploré par les voyageurs mais où l’on vit pourtant des choses que l’on ne vit nulle part ailleurs. Une espèce de grande folie… Un monde décalé, hyper vivant… Vraiment. C’est décalé de plein de manières : dans les émotions que l’on éprouve, dans les rencontres que l’on fait, dans les paysages à contempler... L’Afrique, c'est un monde en marge. Ça a été assez dur parfois mais une expérience folle et extrêmement intéressante. »

Vous semblez avoir le goût pour les pays en marge de toute façon, l’Algérie en tête de file ! Comment choisissez-vous vos destinations de voyage ?

« Oui, c'est vrai ! L’Algérie, le Yémen, le Moyen-Orient… Ça nous intéresse d’aller là où l’on va moins, là où il y a des préjugés et puis de montrer que derrière tout ça, il y a des gens qui vivent, qu’ils sont finalement proches de nous et nous proches d’eux. De trouver cette vie à raconter, de la mettre en lumière avec textes et dessins. Partout il y a des histoires à raconter mais les terrains rebattus nous intéressent moins parce que nous aurons l’impression d’être peut-être moins utiles. En ce sens, l’Algérie a été une immense découverte parce que c’est un pays abandonné depuis longtemps. C’est tout près de chez nous mais il existe tellement de préjugés et d’idées reçues que de l’autre côté du miroir, il y a des gens et des découvertes qui sont absolument folles ! Et une proximité finalement que l’on méconnait beaucoup en France. C’est un territoire que l’on a beaucoup exploré depuis 12 ans et sur lequel on continue de repartir régulièrement. Et là, en dehors de la littérature algérienne qui est extrêmement abondante, il n’y a rien côté récits de voyage et carnets donc il y a tout à écrire ! L’Asie centrale elle aussi est un territoire comme ça, le Yémen où l’on rêve de pouvoir retourner… Tous ces territoires un peu à l’ombre… »

Vous qui avez un lien très fort avec l’Algérie, quels sont les atouts de ce pays à votre avis pour inciter les voyageurs à découvrir cette destination qui n’attire pas à l’heure actuelle et qui est une des raisons qui nous a pousser à dédier notre 6ème édition du No Mad Festival à ce pays ?

« La proximité géographique déjà. La langue française, parlée par tout le monde. Et c’est un territoire atypique à tout point de vue car nous avons une histoire particulière qui nous uni à lui. Qui nous éloigne aussi par tout ce que l’on entend de galvaudé... C’est un pays sur lequel nous avons beaucoup de préjugés mais aussi un imaginaire nourri de mythes, de fantasmes, de beaucoup de rêves liés au Sahara… Et une part d’inconnu immense qui rebute les gens car lorsque l’on ne connaît pas, on a peur. Il faut donc réussir à passer de l’autre côté du miroir. Voilà des années que l’on en parle à tous ceux qui viennent nous voir et nous posent un tas de questions sur l'Algérie. Même s'il existe un nuage épais de craintes qui ne sont plus justifiées aujourd’hui, elles demeurent dans l’esprit des gens et c’est une barrière qu’ils n’arrivent pas à franchir. Nous essayons de montrer un autre visage au travers de nos livres car c'est un pays extraordinaire. Ensuite c’est à chacun de franchir le pas… »

À tel point que vous lui avez dédié deux livres à part entière dont un livre autour de la cuisine algérienne !

« Oui, L’Algérie gourmande ! C’est un récit de voyage aussi car entre les recettes, nous avons été rencontrer plein de femmes et avons beaucoup voyagé dans le pays. Et entre les livres, on a fait plein de voyages là-bas pour des articles dans des magazines, pour des treks, pour des rencontres dans les instituts français… On y va quasiment chaque année, aussi pour voir les amis. Il y a de nombreuses raisons à nos voyages là-bas en plus des livres qui ont nécessité pas mal d’aller-retour. Notre lien a l’Algérie est très intime… »

Si je vous demande un souvenir très marquant lié à l’Algérie, lequel serait-ce ?

« Un moment partagé avec des femmes de Constantine. Quatre femmes pour quatre générations d’une même famille, la grand-mère, la mère, la fille et la petite-fille. C’est formidable parce qu’on arrive le matin, on ne se connaît pas et on repart en larmes le soir parce que nous nous sommes fait des confidences dans le cadre de cette cuisine et sommes devenues amies. La cuisine délie les langues, on s'y raconte les affres de la vie de couple, la vie de femme musulmane dans un pays comme l’Algérie et parfois ça donne lieu à des anecdotes très drôles, des blagues, des anecdotes personnelles, des histoires de mère, de fille… Ce sont des moments très forts. Tout ça autour de boulettes de viande, d’abricots secs et de roses distillées ! (rires) J’aurais pu citer aussi la vieille Kabyle qui nous a reçu dans sa toute petite cuisine et qui ne voulait pas qu’on la prenne en photo. Elle était très touchante car elle vivait toute seule dans cette toute petite maison, il devait y faire très froid en hiver... Je me remémore aussi un gardien de phare sur une île au large de l’Algérie, lui qui voit passer tous les harraga, ces gens qui partent sur des bateaux pour l’Europe. Il nous avait raconté ça avec un nœud dans la gorge… Il y a eu tant de moments fabuleux... L'Algérie est un endroit incroyable ! »

Et Madagascar ?

« C’est typiquement le genre d’endroit où l’on serait retourné si la distance était moins longue. C’est un pays incroyable, où l’on a vécu des aventures tout aussi incroyables. En sortant un peu des grands axes, on arrive sur des territoires avec des histoires pas très connues et des aventures à vivre incroyables. C’est ce que l’on a essayé de raconter dans le livre. Si je vais dans le cliché, c’est baobabs et lémuriens ! C’est super mais nous souhaitions autre chose. C'est là que l'on a mis la main sur ces boutres. Exactement de la même façon lorsque nous sommes allés au Yémen et à Socotra, au large de la Somalie. Bim, nous sommes tombés nez à nez avec ces bateaux qui nous ont mené à Oman, Dubaï, en Inde… Il suffit de chercher un peu, de tendre l’oreille, de rencontrer des gens pour avoir des histoires à raconter, il y en a plein. Je compare toujours ça à des fruits que l’on récolte : il suffit de tendre le bras et hop, on a un fruit bien mûr...

Qu’est-ce qu’il vous reste de plus fort de tous ces voyages à travers le monde ?

« Ce tissu humain. C’est cliché de dire cela et en même temps c’est ce qui ressort : le décalage entre ce que l’on entend et ce que l’on vit. Toutes ces histoires modestes de gens au destin incroyable et que l’on aime tant mettre en lumière. Des gens que l’on croise et avec qui on tisse des liens très forts car dans ces sociétés là, beaucoup plus que chez nous, il y a des barrières sociales moins hautes à franchir. Le lien se fait facilement même quand il n’y a pas de langue commune. C’est particulier au monde arabo-musulman, c’est-à-dire qu’on ne s’interroge pas dix minutes pour savoir si on ouvre la porte où pas. Et ça c’est très particulier, de nouer des liens forts mais éphémères, pourtant marquants pour très longtemps. C’est vraiment ce lien humain qui fait la densité du voyage. »

Et ce livre de recettes alors, c'était un prolongement de ces rencontres avec l'Autre ? Comment ça vous est venu ?

« Grâce à Ourida qui est une très bonne amie Algérienne rencontrée lors de notre premier voyage. On a noué avec elle une amitié très forte pour plein de raisons : son caractère, sa jovialité, sa générosité, ce goût partagé pour la cuisine parce que lorsque nous allons chez elle, nous faisons les marchés ensemble, la cuisine… Chez elle, il y a toujours une table avec quinze couverts ! Et puis son mari est pêcheur et Reno passionné de pêche. Ça faisait beaucoup d’atomes crochus alors nous nous sommes revus régulièrement, ils sont venus chez nous en Bretagne… Ourida m’a beaucoup appris en cuisine, différentes façons de faire qu’elle a elle-même hérité de sa maman. Elle est là l’amorce du livre. Mais il s’agissait aussi de montrer au-delà. Nous ne voulions pas faire un simple livre de cuisine une fois de plus, il y en a tellement, mais montrer les histoires derrière, comme celle d’Ourika, que sa maman a élevé seule et qui a beaucoup cuisiné pour nourrir tout le monde. Raconter comment la cuisine algérienne s’est façonnée par ses influences historiques qui la distingue considérablement de la cuisine marocaine ou tunisienne. Et puis qui sont les gens qui produisent, qui travaillent la terre algérienne et ce terroir extrêmement riche. Et puis la cuisine en Algérie et dans les pays musulmans, c’est une histoire de femmes. Voilà un excellent prétexte pour pousser la porte de chez elles, amorcer des relations... La cuisine devient une sorte de chapelle où l’on recueille des confidences, des histoires drôles, ou pas d'ailleurs, des histoires de couple, de famille… C’est donc un livre de cuisine oui, mais avant tout un livre sur les femmes. »

Vous parlez beaucoup du fait d’être en marge, de choisir des destinations mal-aimées, de n’avoir pas voulu vivre une vie dans un moule prédéfini mais au contraire de sortir des sentiers battus… Pourquoi est-ce si fort chez vous ?

« C’est une manière d’être... Comme le fait de ne pas vouloir d’enfant peut-être ! (rires) Tout ça, ce ne sont pas des calculs ou des choix délibérés, plutôt une question de tempérament et d'état d'esprit, des choix de vie qui se font par étape. Et c’est vrai que nous avons toujours eu ce goût en dehors de la norme. Sans doute que l’on cultive ce trait de caractère par peur de la normalité et par envie de zestes, de surprises, d’inattendu, et surtout d’irrégularités ! C’est plutôt l’attendu qui nous ferait peur ! On s’oriente donc vers des chemins où tout est à contrsuire en permanence et c’est ça qui nous plaît ! On se trouve bien dans cet équilibre, celui du travail qui se mélange à la vie personnelle qui se mélange au voyage... C’est un tout. Pour ne pas rentrer dans un chemin tout tracé, nous avons pris des bifurcations à différents moments de notre existence. Voulus ou non d’ailleurs car il y a parfois des obstacles de vie qui vous amènent sur des chemins inattendus. On a ainsi dû composer avec de gros problèmes de santé qui n’arrivent pas aux gens de notre âge. Pourtant voilà, nous, ça nous est arrivé... Ça doit aussi faire partie de ce sentier qui n’est pas tout à fait le même que tout le monde... »

Face à la crise mondiale que l’on traverse, être en marge s'avère peut-être plus nécessaire que jamais ? Qu'en pensez-vous ? Et pensez-vous qu’il sera toujours pertinent de voyager dans le monde de demain ? Et si oui, de quelle manière ?

« C’est une question sur laquelle je suis assez pessimiste... Je ne crois pas que l’après covid va changer les mentalités malheureusement. Se questionner là-dessus, c’est questionner un mode de vie plus global, pas seulement les voyages. Cela questionne notre rapport à l’autre et au monde. Au-delà du fait de prendre l’avion, comment voulons-nous vivre demain ? Comment vivre les uns avec les autres après une telle pandémie ? Ce sont des questions que l’on se pose déjà depuis longtemps Reno et moi bien que l’on prenne l’avion comme tout le monde. Mais l’avion à mon sens n’est qu’un symptôme. Il faut se poser des questions plus larges, faire des choix de vie au quotidien concernant nos déplacements, nos emplois, notre façon de consommer... Nous sommes déjà vigilants sur ces choses là mais on peut toujours mieux faire. Et je pense surtout qu’il faudrait avoir des politiques plus ambitieuses. Ce covid pour autant a soulevé plein de questions intéressantes, a obligé plein de gens à se repositionner dans leur choix de vie, dans leurs liens familiaux, leur travail… Qu’est-ce qu’il en ressortira hormis une grosse crise économique ? Affaire à suivre ! Ce qui est sur c’est que le secteur du voyage comme celui du livre en sont très affectés…»

S’il n’y avait plus de livres de voyage car plus de voyages, peut-être des ouvrages plus intimistes comme le très bel ouvrage Nos voyages intérieurs : vers une renaissance au Japon où l'intime et le combat face à la maladie prennent presque le pas sur le récit de voyage pour un résultat touchant de sensibilité et de sincérité. Ou bien du voyage à deux pas de chez soi ?

« À l’heure qu’il est, les soucis de santé ne nous empêchent pas de vivre et de voyager. Après il se trouve que Reno a un désir commun avec son galeriste de travailler sur la Bretagne et ça n’est pas lié à la maladie. Cela va donc nous amener à voyager à côté de chez nous et par les temps qui courent, c’est une très bonne chose en effet ! Après nous repartirons sur d’autres projets mais on ne sait pas encore lesquels. Nous avons très envie de faire du film aussi, moi en particulier. Mais la Bretagne, c'est un formidable territoire d’exploitation, tout comme la France, l’Europe… Reno va donc s’atteler à un gros travail de peinture et de dessins pour la Galerie 26 à Paris. Il a beaucoup travaillé avec sur Japon depuis trois ans et a découvert beaucoup de similitudes avec la Bretagne, sur le végétal, la lumière, les paysages marins… Ce qui l’intéresse aujourd’hui, c’est de regarder la Bretagne comme il a regardé le Japon, nourri de tous les voyages que nous avons fait et de la réinterpréter avec des codes graphiques glanés ici ou là. Ce sera donc une Bretagne vu par un peintre voyageur ! Les premiers essais sont très intéressants…»