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Confinement : quand l’humain s’efface, la planète respire

By Élise Chevillard

Posté le 20 avril 2020

Actuellement nous sommes plusieurs millions à être confinés, tous pays confondus, à cause de la pandémie de Covid-19. Si l’humain et l’économie en souffrent, il n’aura pas fallu longtemps à la nature pour tirer profit de cette pause. L’impact sur la faune et la flore est déjà visible et ce dans le monde entier. Et si ce confinement laissait un peu de répit à notre planète ?


A Venise, les images des eaux limpides des canaux ont fait le tour de la toile et des médias pendant plusieurs jours. Du jamais vu de mémoire de ses habitants. Les poissons sont même revenus nager tranquillement. Et pour cause, depuis que le trafic des bateaux a été interrompu, la vase est moins remuée, l'eau est bien moins polluée, et donc, plus claire, presque turquoise.

Quand la nature reprend ses droits

En Italie toujours, en Sardaigne, les dauphins ont profité de l'absence des ferries et des cargos pour revenir dans le port de Cagliari. A Paris, peut-être entendez-vous plus distinctement les gazouillis des oiseaux ? Merles noirs, rouges-gorges, mésanges enchantent nos matins confinés avec l’arrivée du printemps.

Certaines espèces animales profitent de la baisse inédite de la présence humaine pour reconquérir les espaces libres et s’aventurent en ville comme les canards. Un loup vagabond aurait même été aperçu sur les pistes désertées de Courchevel. Et à Barcelone, c’est un sanglier ! Idem pour la flore qui elle aussi reprend ses droits. Les plantes sauvages vont pouvoir s’épanouir en toute tranquillité car elles ne seront pas cueillies sur le bord des chemins. Sur les pelouses aussi c’est la fête à la biodiversité. Non tondues, elles fleurissent et font la joie des bourdons, abeilles et autres papillons. Dans le Parc National des Calanques, le confinement profite également à la biodiversité marine.

Une pause pour notre environnement

Mais les effets de cette trêve inattendue ne s’arrêtent pas là. A l’échelle mondiale on enregistre déjà un recul des concentrations de dioxyde d’azote en Chine et en Italie. A la mi-mars, et sur une semaine, l’organisme de surveillance de la qualité de l’air, Airparif, a enregistré une baisse de 20% à 30% du dioxyde d’azote dans l’agglomération parisienne. Diminution du trafic routier, aérien et même ferroviaire, chantiers industriels à l’arrêt, usines fermées… expliquent cette baisse de la pollution. Le ciel n’a jamais été aussi limpide. Tout comme le silence. Fini le brouhaha des klaxons et autres établissements diffusant des sons amplifiés comme les bars ou les restaurants.

A la campagne aussi, les animaux ont retrouvé un peu de calme. Moins de voitures, moins de randonneurs, arrêt de la chasse plus tôt que prévu… Ce répit tombe à point nommé, alors que la saison des amours bat son plein. Les oiseaux notamment seront moins stressés et dérangés pendant la reproduction et la nidification.

Vers une transition écologique ?

Il faut pourtant se l’avouer, ce répit salvateur ne sera que passager, et une fois le confinement fini et que la vie reprendra son cours qu’en sera-t-il ? Il faudra essayer de revenir en douceur, ne pas brusquer la nature au risque de rompre ce fragile équilibre qui s’était recréé en notre absence. Et si cette crise à laquelle nous faisons face nous permettait enfin de prendre conscience de l’impact que nous avons sur l’environnement ? Allons-nous devenir plus humbles, plus respectueux, plus attentifs face à la nature qui nous entoure ? Et si nous apprenions à repenser notre façon de vivre pour opérer une transition écologique et mettre en place un modèle économique plus respectueux de la planète ? Il n’appartient qu’à nous d’en décider, et c’est maintenant.