David Attenborough : une vie sur notre planète

Culture

Par Sophie Squillace

Posté le 9 janvier 2021

Sorti en 2020, ce film documentaire disponible sur Netflix met en scène le célèbre journaliste et naturaliste britannique, qui nous livre un constat alarmant sur l’état de la planète et envisage pourtant, optimiste, des solutions à mettre en œuvre pour changer la donne.


Fort d’une vie entière passée à étudier et filmer le monde vivant, Sir David Attenborough nous offre dans "Une vie sur notre planète", un témoignage clair et puissant sur l’état de la planète et les méfaits de la surexploitation de ses ressources.

Le manifeste du « Monsieur wildlife » de la BBC

A 94 ans, David Attenborough cumule 60 ans de carrière en tant que naturaliste, rédacteur scientifique, scénariste, producteur et journaliste de télévision. On lui doit, entre mille autres films et publications, la fameuse série documentaire Life on Earth, diffusée dans les années 80 sur la BBC, chaîne dont il fut par ailleurs directeur des programmes pendant presque 20 ans et qu’il contribua largement à installer dans le paysage audiovisuel international.

Anobli par la reine Elisabeth II en 1985, on ne compte plus les distinctions et récompenses pour son œuvre engagée en faveur de la protection de l’environnement et de la biodiversité. Pour donner une idée de sa notoriété à ceux qui ne le connaissent pas encore, le compte Instagram qu’il créé en septembre 2020 pour accroitre la portée de son message atteint le million de followers en moins de 5 heures, battant le record précédemment détenu par Jennifer Aniston !

Le monde vivant du sublime au cauchemardesque

La voix, la diction so british et le charisme du vénérable naturaliste séduisent dès les premières minutes du film. Attenborough nous propose d’abord un aperçu de la beauté et la richesse du monde vivant, grâce à d’incroyables images tournées aux quatre coins du globe - des archives aussi, certaines tirées de ses émissions BBC où on le (re)découvre jeune homme, à la rencontre de la faune de Bornéo, des écosystèmes amazoniens ou des gorilles de montagne du Rwanda.

Et puis rapidement, les merveilles de la nature partagent la place avec les images plus récentes et sans équivoque de la déforestation, des palmiers à huile à perte de vue, de la pêche industrielle, des raffineries de pétrole ou encore des élevages de volaille géants. Visions cauchemardesques qui ne peuvent qu’ébranler le spectateur, nous rappelant très clairement que ces pratiques, si elles continuent, vont conduire à l’anéantissement de la biodiversité, autrement dit l’anéantissement des conditions de la survie même de notre propre espèce !

Comme il le dit lui-même, bien qu’il soit trop vieux pour avoir un jour à faire face à ses funestes conséquences, il est encore temps d’agir et d’inverser la tendance. Ses propositions : réduire drastiquement notre consommation de viande tout comme la pêche industrielle, investir massivement dans les énergies renouvelables, développer les techniques modernes d’agriculture hors-sol, et favoriser l’éducation des femmes dans les pays en voie de développement en vue d’endiguer une trop forte croissance démographique. Cette conviction lui vaut les foudres de nombreuses personnalités et ONG, dénonçant l’aspect raciste d’une telle idéologie.

En conclusion du documentaire, une image forte, optimiste et poétique : le décor de Tchernobyl, ville abandonnée depuis la catastrophe nucléaire de 1986, d’où Attenborough nous prouve que même dans les pires conditions, si on lui laisse un peu de temps, la nature reprend toujours ses droits !