Éthique, et toc !

découvrez les prétendantes au titre

By Laetitia Santos

Posté le 6 mars 2011

Ce mardi 8 mars 2011 aura lieu la 10e cérémonie de remise du Prix Terre de Femmes, créé par la fondation Yves Rocher. En lice, quatre femmes d’exception qui agissent en faveur de l’environnement et dont nous vous dressons aujourd’hui le portrait.


Voilà dix ans que la fondation Yves Rocher a créé ce prix Terre de Femmes pour mettre à l’honneur celles agissant pour un environnement meilleur afin que leur engagement serve d’exemple et ouvre des chemins. Ce prix a déjà récompensé 285 femmes à travers le monde depuis 2001 en offrant à ces pionnières le coup de pouce nécessaire qui facilite l’action, un regard encourageant, un soutien bienveillant en plus d’une aide financière. Découvrez donc les cinq femmes de coeur et d’action en compétition cette année et leurs projets pour préserver les ressources naturelles et éduquer à l’environnement.

Charlotte : Collecter les déchets pour préserver l'environnement de Bali

Nom : Charlotte Fredouille
Âge : 33 ans
Profession : Entièrement dévouée à son association
Nationalité : Française

Son projet : "*Peduli Alam, qui veut dire "protéger la nature" en indonésien, est une association qui agit pour la protection de l’environnement en Indonésie. Notre objectif principal est d’offrir à la population rurale démunie de l’Est de Bali, les infrastructures nécessaires à la collecte et à la revalorisation des déchets ménagers non organiques. Une solution gratuite, durable et facile d’accès : bacs de collecte, ramassage par camion et centre de tri. Pour traiter le problème dans sa globalité, d’amont en aval, nous accompagnons cette offre d’une campagne de sensibilisation et d’un suivi régulier dans les écoles et les villages. Notre impératif est de mettre en place une vaste pédagogie de respect de l’environnement invitant les habitants à adopter des mesures simples qui permettraient une réelle diminution de la pollution***."**

Ses motivations : "En 2008, après une mission humanitaire auprès d’enfants démunis au Népal, j'ai visité l’Indonésie et me suis retrouvée dans l’est de l’île de Bali, à Amed, région sèche et sauvage mais connue de quelques touristes passionnés de fonds marins. Après une période euphorique de découverte, mon regard s’est porté plus en détail sur l’environnement. Le constat est alors dramatique : des déchets partout, sur les plages, dans les lits des rivières et au sein même des villages. Loin des hôtels propres et paradisiaques, la nature est en danger et la santé des habitants aussi. Cette pollution n’épargne aucune région de Bali : les villes, les régions rurales, les côtes, les villages de montagne... Les sacs plastiques submergent les chemins et les rues, surtout celles adjacentes aux marchés. Guidée par la nécessité d’agir, j’ai fondé l’association Peduli Alam et démarché pour trouver des financements. Le premier projet de l’association a pris forme en 6 mois. Au niveau personnel, l’enrichissement est énorme, on se dépasse quotidiennement pour braver les obstacles et on constate les progrès avec bonheur. Les rapports avec la population sont également très enrichissants."

Ses conseils : "Triez vos déchets ! Si chacun agit à son échelle au quotidien, les répercussions globales seront très positives ! Renseignez-vous auprès de votre commune afin de savoir précisément comment le tri se fait. Et surtout, ne mettez pas vos déchets organiques à la poubelle ! Une fois dans les incinérateurs, ils humidifient les déchets et nécessitent l’utilisation de beaucoup d’énergie pour être brûlés. Les déchets organiques constituent une formidable richesse à transformer en compost. Si vous habitez dans un immeuble avec jardin, achetez en commun une boite à compost et servez vous en pour alimenter le jardin ou même pour faire pousser quelques plantes, cela ravira vos enfants, surtout si vous vivez en ville !"

Sylvie : Eduquer à l'environnement pour l'avenir des générations futures

Nom : Sylvie Faye
Âge : 48 ans
Profession : Chef de projet
Nationalité : Française

Son projet : "L’objectif du principal projet de Multi’Colors, « Refuges urbains » est l’éducation à l’environnement par l’art et le jardinage auprès d’enfants et d’adolescents majoritairement soumis à des conditions de vie précaires qui ne leur permettent pas de se projeter dans l’avenir et de personnes âgées touchées par la maladie d’Alzheimer. La mise en oeuvre collective se fait dans le respect des principes du développement durable : récupération d’eau, tri des déchets, compostage, jardinage écologique, respect de la biodiversité."

Ses motivations : "J’ai fondé l’association Multi’Colors pour emmener les enfants de la ville vers la nature, faire connaissance avec la flore et les animaux. C’est grâce à leur enthousiasme et à leur désir d’avoir leur propre jardin, que nous avons débuté le premier refuge urbain au sein d’un grand ensemble d’habitat social. Jardin précieux, respecté de tous, qui force l’admiration des adultes qui, à priori, jugeaient peu positivement ces enfants turbulents. J’accompagne, guide l’épanouissement, pour donner à ce quartier sensible du 20e arrondissement de Paris où j’habite depuis longtemps, un visage plus accueillant, en créant un réseau de jardins. Aujourd’hui, se dessine un maillage vert associatif dans ce quartier soumis aux fortes nuisances environnementales liées aux grandes infrastructures urbaines."

Ses conseils : "Je fais partie de ceux et celles qui pensent que pour changer de société, nous n’avons d’autres choix que de changer d’éducation. Proposons une éducation construite sur l’altérité et non la compétition, fondée sur la volonté d’une prise de conscience individuelle et collective. Éduquons les enfants pour qu’ils deviennent des êtres libres, responsables de leurs actes, qu’ils sachent que tous les êtres sont interdépendants et quel est leur rôle dans la préservation du vivant. Donner aux enfants de l’amour, de l’enthousiasme et de la confiance les dote d’énergie et de sérénité, des qualités indispensables pour évoluer dans un monde incertain afin qu’ils deviennent les artisans de la société de demain qui est la leur."

Fanny : Le maraîchage bio pour l'insertion des adultes autistes

Nom : Fanny Truelens
Âge : 25 ans
Profession : Monitrice d'atelier en ESAT
Nationalité : Française

Son projet : "Je travaille au sein de l’Association Sésame Autisme Languedoc. Celle-ci a créé en 1987 un ESAT (Etablissement et Service d’Aide par le Travail) en Cévennes. L’ESAT La Pradelle accueille une quarantaine de personnes handicapées dont un grand nombre sont atteints de troubles liés à l’autisme ou à la psychose. On y propose des ateliers autour des métiers de l’agriculture : le maraîchage biologique, l’arboriculture, la viticulture et l’élevage. En appliquant une pédagogie appropriée, j’ai sensibilisé mon équipe de 7 personnes handicapées au respect de l’environnement. Avec le choix de l'Agriculture Biologique, nous utilisons au maximum le travail manuel. De plus, nous développons la culture de variétés anciennes pour une plus grande diversité. En 2011, nous envisageons de faire de l’atelier maraîchage un espace d’accueil et de sensibilisation à l’environnement pour tous les publics."

Ses motivations : "Mes parents m’ont transmis une éducation en lien avec la nature. C’est une valeur fondamentale que j’ai décidé de transmettre aux autres.
Ma rencontre avec la Pradelle a permis de mettre en adéquation mes aspirations à venir en aide aux personnes en difficulté, tout en mettant en œuvre mes connaissances techniques en agriculture biologiques. D’un point de vue personnel, côtoyer quotidiennement des personnes handicapées me permet de relativiser mes propres problèmes de la vie. Cela me permet d’appréhender la différence autrement et d’accueillir les autres comme ils sont et non comme ils devraient être."

Ses conseils : "Mon avis sur l’avenir serait d’être vigilant à protéger la terre par un soin à l’environnement sous toutes ses formes et pour toutes les générations futures, qu’elles puissent en profiter comme nous avons pu le faire."

Faiza : Créer des accessoires de mode pour redonner vie au plastique usagé

Nom : Faiza Hajji
Âge : 28 ans
Profession : Entrepreneur et consultante en développement
Nationalité : Marocaine

Son projet : "L'association du Docteur Fatiha a pour but de développer une économie verte dans le nord du Maroc, c'est-à-dire créer des activités génératrices de revenus pour les femmes en situation précaire, et qui seraient basées sur le respect de l'environnement. Le premier exemple en est la création d'IFASSEN, une marque d'accessoires de mode alliant plastique recyclé et savoir-faire traditionnel."

Ses motivations : "C'est avant tout la volonté de changer deux situations préoccupantes qui me motive dans mon action :
- La situation précaire des femmes de ma région en milieu rural. Elles représentent une partie fragile de la population, avec peu d'accès à l'éducation et peu de possibilités économiques.
- La menace écologique que représentent les sacs plastiques. Ceux-ci vont jusqu'à former de véritables champs, provoquant la pollution des sols, la dégradation de la biodiversité locale et des conditions de vie des riverains.
J'ai grandi dans cette région et, même adolescente, j'ai toujours pensé qu'il fallait faire quelque chose pour résoudre ces deux problèmes. J'essaie a mon échelle d'apporter ma contribution."

Ses conseils : "Chacun peut agir à son niveau pour améliorer notre cadre de vie. Cela commence par réduire ses déchets (plastiques et autres) et surtout pratiquer activement le recyclage au quotidien."