Culture

"Enfant d'éléphants", le nouvel ouvrage signé Stéphanie Ledoux

By Laetitia Santos

Posté le 14 octobre 2014

Le destin d’une femme d’origine indienne qui a bousculé sa vie européenne pour vivre au plus près de ses racines, de ses valeurs et des éléphants dans le fin fond de l’Inde, elle et son enfant. Voilà son histoire racontée au travers d’un récit très personnel, le tout sublimé par le crayon bienveillant de Stéphanie Ledoux, dont les coloris cette fois-ci nous plongent dans une Inde rurale, ancestrale, et nous font mordre de la poussière en même temps qu’ils réveillent mille odeurs…


On aime les valeurs de cet ouvrage véhiculées dès l’introduction : "Elle s’est opposée à la pression familiale, a renoncé à une thèse de doctorat à l’Université de Londres, au confort matériel (…) L’obsession de Prajna est de transmettre à sa fille les valeurs qui l’ont guidée dans ses propres choix. Elle sait que l’environnement dans lequel elle l’a fait naitre marquera son imaginaire, forgera son identité mais son devoir de mère lui rappelle qu’elle doit aussi la préparer à affronter la société humaine. Alors, elle dédie à sa fille chaque instant de ces quelques années de sa petite enfance en tentant par tous les moyens de retarder le moment redouté où elle devra repartir avec elle vers ce monde qu’elle avait choisi de quitter…"

L’histoire, celle de Prajna Chowta et de sa fille Ojas, est courageuse et touchante. D’autant que Stéphanie Ledoux, carnettiste talentueuse qu’on ne présente plus, donne une dimension poétique à ce récit humaniste : carte crayonnée de l’Inde et de l’État du Karnataka, quelques mots de vocabulaire jetés là pour les rudiments de l’échange, un globe oculaire de pachyderme au regard profond, une maison sur pilotis peinte à l’eau, un petit garçon aux boucles de jais, des sourires toutes dents dehors, des fleurs et feuilles exotiques, une carte d’embarquement, des ressorts de cahiers et puis des pages froissées… Les couleurs dominantes : des bruns, des safrans, des camels, des ocres, des verts olive et des verts d’eau, des framboises aussi.

Au fil des pages, on découvre la vie locale, celle du peuple Kuruba, de leurs bêtes de somme, leurs traditions, la nature environnante. On fait connaissance avec les personnalités qui font ces pages : Nagamani, Ojas, Lingappa, Dharma... Chacun participe à l’ouvrage : les dessins de l’un ici, les tampons de l’autre à cet endroit, les griffonages de ces deux-là... Toute la vie du village et de ce morceau de forêt de Nagarahole condensée dans un livre sublime que les parents n’auront aucun mal à partager avec leurs enfants, comme un conte moderne invitant à la réflexion sur nos sociétés contemporaines, le clivage d’une société indienne plus ancestrale, un retour à une vie simple, la dégradation de l’environnement ou encore le but de cette vie...

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