Culture

"Human", l'oeuvre d'une vie signée Yann Arthus-Bertrand

By Laure Croiset

Posté le 11 septembre 2015

Ce samedi 12 septembre, Yann Arthus-Bertrand nous présentera - six ans après « Home » - sa nouvelle œuvre venue du ciel, « Human », une fresque humaniste et engagée de plus de trois heures qui a pour vocation de nous faire "réfléchir au sens même de notre existence". Si ses intentions sont louables, on s’interroge parfois sur le message éthique, collaboratif et libre véhiculé par un film financé majoritairement par la Fondation Bettencourt-Schueller et sponsorisé par Google.


Synopsis : Human est un dytique de récits et d’images de notre monde offrant une immersion au plus profond de l’être humain. À travers les témoignages remplis d’amour, de bonheur, mais aussi de haine et de violence, Human nous confronte à l’Autre et nous renvoie à notre propre vie. De la plus petite histoire du quotidien jusqu’aux récits les plus incroyables, ces rencontres poignantes et d’une sincérité rare mettent en lumière ce que nous sommes, notre part la plus sombre mais aussi ce que nous avons de plus beau et de plus universel. La Terre, notre Terre, est sublimée au travers d’images aériennes inédites accompagnées de musique tel un opéra, qui témoignent de la beauté du monde et nous offrent des instants de respiration et d’introspection. Human est une oeuvre engagée qui nous permet d’embrasser la condition humaine et de réfléchir au sens même de notre existence.

Partie aux quatre coins du monde pour recueillir le témoignage de ces milliers d’hommes et de femmes qui resteront tous anonymes, l’équipe de Yann Arthus-Bertrand a choisi de filmer ces visages à partir d’un dispositif unique : un fond noir qui permet de capter au plus près leur regard et d’empêcher au spectateur toute diversion d’ordre extérieur. À travers des thématiques bien précises comme la paix, l’amour, la guerre ou encore la nature et les inégalités sociales, cette fresque à vocation humaniste s’étend sur plus de 3 heures et offre ces petits moments de tendresse, de désespoir, de larmes parfois et de rires aussi.

Pourtant, c’est avec un léger sentiment d’embarras que le spectateur devra quitter la salle, presque pris au piège par tant d’empathie et cette image lisse et propre que semble nous renvoyer son initiateur Yann Arthus-Bertrand. Sans pour autant remettre en cause ses intentions, on ne peut que questionner la démesure d’un tel projet qui sera amené à s’étendre sur la planète entière. Présenté comme une oeuvre non commerciale, Human sera distribué gratuitement et en Blu-ray à toutes les villes qui ne possèdent pas de salles de cinéma afin d’élargir le plus possible son champ de vision. Au final, est-ce l’humanité qui y gagnera ou plutôt Yann Arthus-Bertrand, qui semble maîtriser mieux que personne son image publique ?