Vécu et approuvé

Jusqu’au pôle

By Matthieu Tordeur

Posté le 28 janvier 2020

A l’origine il y a un rêve. Celui de parcourir une partie du Continent Blanc, terre d’exploration et de découverte. Terrain de jeu des explorateurs polaires comme Amundsen, Scott, Shackelton ou encore Charcot et Victor... Depuis la jeunesse, je suis fasciné par le courage et l’abnégation de ces héros qui ont fait l’histoire de l’Antarctique. Un peu plus de cent ans après la découverte du pôle Sud par le norvégien Roald Amundsen, j’ai choisi à mon tour de vitré l’aventure polaire.


UN RÉCIT DE VOYAGE DE MATTHIEU TORDEUR À DÉCOUVRIR AVEC D’AUTRES CARNETS DE VOYAGE DÉPAYSANTS DU NUMERO 39 DE LA REVUE BOUTS DU MONDE EN VENTE ICI.

Mon idée est simple: rallier le pôle Sud géographique depuis la cote du continent Antarctique. Un périple de 1150 kilomètres, soit la distance d’un Ajaccio-Calais à vol d’oiseau. Je m’engage seul dans cette expédition.

Je veux connaître la solitude, la vraie. Celle qui ne vous lâche pas et vous met face à vos pires doutes et vos plus grandes inquiétudes. Mais celle aussi qui se révèle à soi-même et permet de se découvrir quelque-chose de nouveau, d’inconnu et qu’on ne soupçonnait pas...

Dans une époque où la technologie permet de se retrouver à l’autre bout de la planète en douze heures d’avion, j’ai envie de faire l’expérience de la lenteur, de nouer une nouvelle relation avec l’espace et le temps.

Je pars alors à ski, sans voile de traction, sans chien de traîneau et sans véhicule à moteur. Je ne compte que sur la force de mes jambes et mon envie d’aller au bout. Je ne suis pas de ceux qui partent pour fuir quelque-chose. J’emporte dans mon traîneau cinquante jours de nourriture, de l’essence pour faire fondre la neige et obtenir de l’eau, du matériel pour camper, des vêtements techniques pour résister à des températures de -50°C...

Je m’imagine tout petit au milieu du blanc infini. Je me sens prêt, mais d’un autre côté je sais que les prochaines semaines vont être longues et difficiles. Je vais devoir faire face aux crevasses, au froid mordant, aux vents violents, à la solitude...

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