Par Sabine Grandadam
Posté le 18 août 2026
Le pays est considéré comme un des plus écolos du monde. De fait, des efforts considérables ont été consentis pour revaloriser et protéger les écosystèmes et accroître le couvert forestier. Toutefois, le Costa Rica révèle aux touristes intéressés des facettes moins ambitieuses qu'il n'y paraît, en matière de politique environnementale. Et le nouveau pouvoir en place pourrait bien faire une croix sur certaines promesses des gouvernements précédents...
Cascades chantantes, rivières chahuteuses, forêts touffues, volcans, oiseaux de paradis, faune grouillante, les qualificatifs peuvent se décliner à l’infini pour décrire la légendaire beauté de ce petit pays serti par deux océans turquoise, la mer des Caraïbes à l’est et l’océan Pacifique à l’ouest.
Mondialement reconnu pour sa politique environnementale, le Costa Rica concentre 5% de la biodiversité mondiale pour un territoire grand comme un dixième de celui de la France et avec 5 millions d’habitants seulement, fait figure de précurseur dans la lutte contre les changements climatiques. Et de paradis pour les amoureux de grands espaces et de nature généreuse.
Jusque dans les années 1980, le Costa Rica abattait des centaines de milliers d’hectares de forêts naturelles pour les remplacer par la culture intensive de bananes, d’ananas, de canne à sucre et de café et par l’élevage bovin, au point que le couvert forestier était passé à 25% en 1985, alors qu’il était de 75% du territoire dans les années 1940. Depuis plus de trente ans désormais, des politiques publiques axées sur le reboisement, la protection de la biodiversité et la réduction des émissions de CO2 transforment le modèle du développement du pays et ont donné au Costa Rica l’image d’un eldorado du tourisme durable et nature.
Forte de ses 30 parcs nationaux et de zones sylvestres protégées où la coupe de bois est interdite, de sommets culminant à 3820 mètres au mont Chirripo, de cordillères couvertes de jungle et de ses côtes magnifiques, le Costa Rica a reçu près de 2,5 millions de touristes en 2022, qui ont ainsi contribué pour environ 6% à son PIB.
D'ici à 2050, le Costa Rica prétend aussi se passer complètement du pétrole. Avec la présidente élue en 2026, Laura Fernández, l’interdiction définitive de toute exploration des gisements de pétrole et de gaz jusqu’en 2050, pourrait bien être abrogée.
Bien que le Costa Rica concentre ses efforts sur sa politique environnementale, avec par exemple une production d'électricité issue à 98% de sources d'énergies renouvelables, il a néanmoins quelques rudes batailles à livrer. Contre son agriculture polluante par exemple, qui fait largement usage de pesticides et de produits chimiques. Selon la FAO, le pays figure même parmi ceux qui recourent le plus aux pesticides, contaminant ainsi les aliments consommés et des nappes phréatiques. De surcroît, le traitement des eaux usées fait cruellement défaut, tout autant que le recyclage des déchets.
Autre point noir du pays, les transports. Faute de voies ferroviaires suffisantes, le trafic routier et notamment le transport de marchandises s’effectue par camion, sur des voies souvent exigeantes en consommation de carburant en raison des dénivelés, notamment dans sa Vallée centrale souvent engorgée. Ces dernières années, le pays a également vu croître le nombre de véhicules de particuliers à l’aune de son développement économique. Sur ce plan des transports, le Costa Rica veut au moins parvenir à convertir 70% des autobus et des taxis au tout électrique d'ici à 2030. Si le gouvernement actuel, bien moins écolo que celui de 2018-2022, se montre disposé à tenir cet agenda, alors que le Costa Rica a refusé de signer l’accord d’Escazú. Ce texte important ratifié par 15 pays est destiné à protéger les défenseurs de l’environnement en Amérique latine et garantir l’accès à la justice contre les actes délictueux en matière d’environnement. L’élève modèle de la lutte contre le réchauffement climatique semble relâcher ses efforts…