Culture

Pas fanas des Mayas

By Laetitia Santos

Posté le 6 août 2011

Les Mayas du Guatemala exposés au Quai Branly : quatre millénaires d’une civilisation mythique, réduits à une toute petite mezzanine d’objets. Bof.


On avait beaucoup aimé découvrir l’expo Dogon au musée du Quai Branly et toute une partie de la civilisation malienne avec elle. On s’imaginait qu’il allait en être de même avec Mayas, de l’aube au crépuscule et les collections nationales du Guatemala, dont les 160 pièces présentées ici ne sont pour la plupart jamais sorties de leur pays, sauf que la centaine d’antiquités ramassée dans une petite mezzanine accrochée au dessus du Plateau des collections ne nous a pas véritablement emballés.

Première raison invoquée : la période, s’étendant du pré-classique (- 2000 avant J.C.) à nos jours. Trop large, trop survolée. On avance à vitesse grand V dans le temps sans avoir l’impression de cerner les époques. Et avec seulement quelques poteries, bijoux, stèles funèraires ou tronçons architecturaux à se mettre sous la dent pour recréer l’empire en pensée, difficile de cerner la grandeur Maya, que notre esprit associe aux colossales pyramides et aux astucieux glyphes qui faisait office d’abécédaire. Et c’est notre seconde déception, voir cette civilisation ramenée à seulement quelques petits objets du quotidien et presque beaucoup plus de texte placardé sur ces grands panneaux explicatifs.

Certes, on devine tout ce savoir-faire en matière de mathématiques, d’astronomie, de sculptures et autres arts plastiques. On est fascinés par l’audace, l’ingéniosité de certaines pièces (le marqueur de terrain de jeu de balle datant de 550-800 ap. J.C. nous a agréablement étonnés) comme de la délicatesse qui transparait dans cette petite représentation du dieu maya de la mort, mosaïque de nacre, de coquillages et de jade, qui a été choisie pour figurer sur l’affiche de l’exposition. Quand on sait que 95% des sites archéologiques guatémaltèques n’ont pas encore été fouillés, on se dit que la grandeur de l’empire maya recèle encore bien des merveilles.

Si la société maya s’est effondrée avec la conquête espagnole au XVIe siècle, on gardera tout de même à l’esprit qu’elle n’est pas qu’une glorieuse civilisation éteinte de l’Amérique précolombienne. Aujourd’hui encore, des pratiques colorées de cette culture ancestrale vivent toujours au Guatemala comme nous le prouvent des photographies et un film en fin de parcours.

On aura beau avoir été invités à découvrir le développement, l’apogée et le déclin de cette partie de l’Amérique précolombienne, suivi de son portrait contemporain, on n’a pas pour autant l’impression d’avoir mis un pied outre-Atlantique. Dommage.