Cuisine du monde

"Plats d'existences" : Quand la Mairie de Paris s’ouvre à la cuisine du monde

By Frédéric Scarbonchi

Posté le 20 mai 2015

Tous les derniers jeudis du mois, le Réseau Chrétiens-Immigrés organise un repas où Français et migrants se mélangent. L’occasion pour un étranger, parfois sans papiers, de faire découvrir la cuisine de son pays d’origine. Une idée originale qui a provoqué la parution d’un livre de recettes qui sort de l’ordinaire.


Dîner dans le IVème arrondissement parisien pour 6 €, c’est possible. Et dans le cas présent, il n’est pas question d’un vulgaire fast-food mais de découvrir la cuisine d’ailleurs et de l’autre. Ou plutôt de découvrir l’autre.

« La cuisine pour transgresser les frontières »

Le Réseau Chrétiens-Immigrés (RCI) organise une fois par mois des dîners où le plat de résistance vient d’un pays étranger. Aux fourneaux, un migrant ou une migrante pour faire découvrir un plat typique de chez lui/elle.

Ces soirées, baptisées « Au goût de l’autre », sont un prétexte pour organiser des rencontres entre Français et étrangers, d’aider également à l’intégration des sans-papiers. De ces dîners riches en découvertes humaines et culinaires est né un livre, Plats d’existences, paru aux Éditions de l’Atelier. « La cuisine permet de transgresser les frontières », intronise un des auteurs.

Du cours de français au dîner organisé

Dans ce livre, 54 recettes et 18 dîners qui racontent, à travers divers portraits, ces rencontres et l’histoire de ces migrants qui se retrouvent dans une salle de la Mairie du IVème arrondissement mise à disposition depuis 2008. À l’origine, c’est un simple cours de langue qui a provoqué ce désir d’échanger plus, de se connaître mieux, au-delà d’une salle où l’apprentissage du français était la priorité.

Ce dernier jeudi du mois, autour d’un bon repas, des personnalités atypiques, avec chacune des histoires différentes : de l’artiste venu s’immerger dans la culture française, à celui qui a fui la guerre au Sierra Leone, en passant par l’Américaine installée par amour à Paris, le diacre venu d’Égypte, le frère mariste ou encore le Bolivien ancien Casque Bleu de l’ONU qui passait par là.

Mezzé de cuisine française et plats étrangers

Grâce à ce livre, c’est l’occasion d’apprendre à connaître ces personnes, à sortir des clichés et découvrir des recettes du monde : un japchaï coréen, un poulet à la bolivienne, une bandeja paisa de Colombie, un agneau à la tunisienne,… Et ces mets exotiques sont accompagnés d’entrées et de desserts typiquement français.

Plats d’existences pourrait aussi donner envie à certains de se joindre à ces dîners mensuels. À 6 € pour tous, migrants comme Français, voilà une occasion peu onéreuse de se « présenter soi-même ».