Culture

"Roma", la cité éternelle façon plume et poème

By Laetitia Santos

Posté le 7 novembre 2012

Des planches en noir, blanc et rose qui nous font nous envoler à la découverte de la capitale italienne, porté par les ballons et le tendre regard d’un enfant.


"Un livre pour adulte ou pour enfants ?" se questionne-t-on à la vue de ce petit bouquin au format plus long que large qui collecte des planches dessinées à l’encre de chine. Pour les grands enfants trancherons-nous car face à cette balade architecturale, nos têtes blondes auront du mal à se laisser captiver.

Certes, la démarche semble être un songe, des pages s’évapore une grande douceur qui se mêle à de la poésie distillée par les quelques touches de rose bonbon apposées ça et là, évocation délicieuse d’une friandise sucrée adorée dans le monde de l’enfance, et le fil conducteur n’est autre qu’un enfant qui décolle de ce bas monde accroché à un bouquet de ballons pour plonger dans une rêverie qui le conduit droit au-dessus des toits de Rome.

Si l’auteur, Roberto Di Costanzo, affiche sa volonté de tirer la jeunesse vers le haut, dont l’envolée de ballons semble être l’allégorie toute faite, son trait précis, appuyé, détaillé comme le serait celui d’un architecte expert couchant son projet sur le papier, nous fait basculer trop brusquement dans le monde des adultes au point de nous en faire perdre nos repères : qui est donc le public que vise à toucher Roma ?

Tour à tour, on s’arrête devant Saint Pierre, le Colisée, le Forum Romain, la Piazza di Spagna, le Panthéon et sa coupole comme suspendue, devant des statues de dieux et de déesses échappées des plus belles légendes mythologiques… Pas de mots, juste des images pour cette balade qui met sacrément en valeur l’architecture somptueuse et complexe de la Cité Eternelle, ses ombres et ses lumières, sa magnificence intemporelle, mais peine à nous porter véritablement dans l’émotion.

À croire que ces ballons auront été un peu trop légers pour faire décoller le poids d’un adulte et qu’il aurait fallu rendre l’entreprise plus accessible à la jeunesse puisque c’est dans cette catégorie que joue officiellement Roma. À nager entre deux eaux du Tibre, le risque est d’y perdre petits et grands.

On pense en revanche mieux apprécier le don de ce crayon lors de l’accrochage prévu à l’Espace Pierre Cardin à Paris entre le 12 et le 18 novembre prochains, lorsque l’on pourra admirer chaque dessin pour lui-même, un à un, sans chercher de sens à la lecture ni même se laisser perturber par l’idée qu’on a trouvé l’ouvrage rangé au rayon jeunesse.