Se déplacer

Société

Par Viatao

Posté le 1 mars 2012


En Thaïlande, le système des transports en commun – public et privé – est très développé en terme de réseau et d’effectif. Que ce soit en bus public, en autocar de luxe, en train, touk-touk ou mototaxi, il y a pour ainsi dire toujours un moyen de bouger et rejoindre sa destination, si reculée soit-elle. Ceci dit, dans les zones rurales, notamment en Isan, il faudra faire preuve de patience et garder son calme, "jai yen yen", comme on dit !

Transports locaux

Un peu de vocabulaire de base...

Taxi, on connaît. Mais eux ne connaissent pas forcément la destination. Donc, avant de s’asseoir, mieux vaut annoncer au chauffeur l’adresse et voir sa réaction. Il peut refuser, s’il ne connaît pas ou s’il risque de dépasser son temps de travail autorisé. Demander ensuite "meter ?" (prononcer "miteur") pour vérifier qu’il mettra le compteur et n’exigera pas un forfait exorbitant. Si vous voulez prendre l’autoroute (tollway), utile aux heures de pointe, c’est vous qui payez (40 à 80 B selon le quartier).

Touk-touk : véhicule à 3 roues coloré et pétaradant. Leurs pro- priétaires attendent au bord de la route et guettent l’arrivée des bus. En général, ils sont organisés pour prendre les clients à tour de rôle, à moins que ce ne soit la jungle et que le premier qui convainc l’étranger gagne. A Trang, leur capot au design arrondi leur vaut le surnom de pak krop, bouche de grenouille.

Samlo : véhicule à 3 roues, à pédale ou à moteur, souvent hybride entre un deux-roues et une plateforme de transport. Son look varie selon les villes. A Phitsanulok, il ressemble à une grosse sauterelle mécanique.

Songtaew (prononcer "songtèèo") : camionnette de transport en commun couverte au-dessus, ouverte sur les côtés (des bâches sont prévues en cas de grosse pluie). On grimpe par l’arrière et on se serre sur deux bancs latéraux. En général, il n’y a pas d’arrêts officiels. Faire signe pour monter et actionner la sonnette pour descendre. Payer ensuite au chauffeur (5-20 B en ville, jusqu’à 100 B pour de longs trajets en province). Très répandu dans les campagnes, le songtaew existe aussi dans certaines villes. Chiang Mai a un réseau très dense de songtaews rouges, Chiang Rai a ses songtaews bleus rob wiang, à Khon Kaen ils sont de toutes les couleurs, et Bangkok en propose dans certaines rues, Suan Phlu, certains sois de Sukhumwit.

Mototaxi : Jour et nuit, vous apercevrez des groupes de motards stationnés à un coin de rue, vêtus de gilets colorés orange, vio- lets, rouges ou verts selon la région. Le prix d’une course dépend de la distance mais aussi de vos capacités à marchander. Ce sys- tème s’avère très pratique dans les embouteillages de Bangkok. Insistez pour porter un casque, et le cas échéant calmez les ardeurs de votre pilote de course ("chachaa", doucement !). Dans les villes moyennes, le tarif tourne autour de 15-30 B pour une course. A Bangkok, remonter un soi coûte 10 à 20 B, mais un long trajet comme Siam-Khao San avoisinera les 100 B.

A la mer : Pour rejoindre les îles en ferry, tous les cas de figure se présen- tent – ponctualité, services, tarifs, etc. Pour les trajets courts, les pêcheurs locaux offrent souvent leurs services et vous transporteront à bord de leur longtail boat, une barque en bois longue et fine avec un gros moteur détonant. L’hélice est au bout d’une longue tige en métal qui lui donne son nom de "longue queue".

Voyager, c’est négocier

En songtaw, le tarif est généralement fixé. Dans le taxi, demandez au chauffeur de mettre le compteur (meter). En touk-touk et mototaxi, la coutume est de négocier avant de monter. La dernière mode des chauffeurs de touk-touk à Bangkok est de montrer leur index ou de déclarer "roy nung" pour indiquer qu’ils demandent 100 B. "Nam man phaeng" (l’essence est chère) et "rot tit" (le trajet est embouteillé) sont les arguments brandis par les chauffeurs pour résister à vos tentatives de négociations. Prendre le temps de la négociation fait partie du voyage. Plus vous êtes patient, souriant et bon esprit, plus le chauffeur sera enclin à baisser - jusqu’à un certain seuil.

Longues distances

> En train : Pour de longues distances, le train de nuit est une solution idéale : économique, largement plus sympa et moins polluante que l’avion. Si vous optez pour une couchette, vous aurez une chance d’arriver reposé, ce qui est rarement le cas après une nuit dans le bus. Le personnel viendra installer votre couchage, drap et taie d’oreiller tout frais, ainsi qu’un rideau pour vous offrir un peu d’intimité. Vous pourrez commander un dîner ou un petit-déjeuner servis à votre siège, ou choisir d’acheter des douceurs aux vendeurs qui grimpent entre deux arrêts ou par la fenêtre à la station.

Le train a l’avantage de proposer un large choix de conforts accessibles à toutes les bourses. Tout à fait acceptable en saison fraîche, la 2e classe avec ventilateur offre une expérience plus sensuelle du voyage, puisque les fenêtres grandes ouvertes laissent entrer la brise, tantôt la moiteur de la forêt tantôt les odeurs de nourriture, et les bruits de la vie au-dehors. Les wagons avec A/C sont plus propres et préférables en saison chaude (prévoir une petite laine pour éviter l’angine). Des toilettes et lavabos sont disponibles dans chaque wagon. Lorsque le contrôleur poinçonne les billets, son assistant note la destination des passagers, pour savoir à quelle station il faut les réveiller. De Bangkok vers la province, les trains de nuit arrivent en général avec 1 ou 2 h de retard. Vers Bangkok ils arrivent plutôt à l’heure.

La gare principale de Bangkok est Hualamphong. Trains pour tout le pays, excepté Kanchanaburi. T 1690 (opérateur anglophone disponible), 02 223 7010 ou 7020. Thanon Rama 4. Accès facile par le MRT (métro sous-terrain), station Hualamphong. Horaires et trajets des trains sur www.railway.co.th/ (pas toujours actualisé, plus sûr d’appeler).

Sur la rive droite, la gare ferroviaire de Bangkok Noi, Sathaanii Rotfay Bangkok Noi, dessert Kanchanaburi et les villes entre Hua Hin et Chumphon (T 02 411 3100 ou 3102). Y aller en taxi (pas de bus direct).

> En bus : On trouve une gare routière ("BKS", prononcer bokoso) dans la plupart des villes de Thaïlande. Attention dans les bus climatisés règne un froid glacial, il faut prévoir pull et chaussettes. Les bruitages des films de combat et rires artificiels des séries télé, appréciés des voyageurs thaïlandais, peuvent être irritants. Voyageurs au sommeil léger, emportez des boules Quiès.

Les horaires et trajets des bus sont sur www.transport.co.th/en.html

Les gares routières de Bangkok desservent les régions suivantes :

Vers le sud et l’ouest (Kanchanaburi, etc.) : Bangkok Southern Bus Station, ou Sathaanii Sai Tai Mai (T 02 435 1199 – 1200). Elle se trouve au nord-ouest de Bangkok, dans le quartier Pinklao, sur Thanon Barom Ratchachonani, tout droit après le pont Pinklao puis sur la gauche. Pas de métro pour y aller, donc bus (ligne 507 de la gare Hualamphong, 28 de Victory Monument, 40 de Siam) ou taxi. Cet axe est embouteillé matin et soir, prévoir large pour s’y rendre pendant les bouchons (surtout 7-10 h et 16-20 h). Le mieux est de rejoindre l’embarcadère Tha Pinklao en bateau, puis de prendre un bus ou un taxi.

Vers le nord et nord-est : gare routière Mochit 2, ou Mochit Song (T 02 936 2841 à 2848, extension 448 ou 611, anglais limité). Accès par le BTS, station Mochit, sortie 3, puis bus n° 3 ou 77, ou taxi. Prévoir large (1 h depuis le BTS Mochit) aux heures de pointe.

Vers le sud-est (Trat, Chantaburi, Rayong, etc.) : gare routière Ekkamai, BTS Ekkamai (T 02 391 8097 ou 391 2504, ne parlent pas anglais).

> En avion : Avec la multiplication des low costs, les vols intérieurs sont tentants. Pourtant, il vaut mieux y réfléchir à deux fois. L’émission de carbone des vols courts est maximale (112 kg de CO2 pour un passager, trajet simple Bangkok-Phuket), les avions low costs, ne sont pas rigoureusement entretenus et l’expérience n’a rien de dépaysant. S’il vous est absolument nécessaire de prendre l’avion, voici les contacts des principales compagnies intérieures :

Thai Airways : T 02 628 2000, www.thaiair.com.
Bangkok Airways : T 1771, www.bangkokair.com.
Nok Air : T 1318, www.nokair.com.
Air Asia : T 02 515 9999, www.airasia.com.
One-Two-Go : T 1126, www.fly12go.com.

Locations

Munissez-vous d’un permis de conduire international et vérifiez si vous êtes couvert par votre assurance en cas d’accident.

> Mobylette et moto : On peut facilement en trouver dans les coins touristiques, particulièrement dans les îles et les montagnes. Dans le Nord, certaines pentes sont très raides et réclament une 125 CC au minimum. Idem dans les îles comme Koh Tao ou Koh Phangan, les chemins sableux et pentus ne sont praticables qu’avec des pneus à crampons. Le casque est obligatoire pour le conducteur, à défaut l’amende est de 400 B. Tant qu’à faire, autant en choisir un pas trop vieux avec une sangle en état de marche. Les deux-roues circulent beaucoup, il faut absolument tester les freins, les pneus et les phares avant de partir – d’autant plus que l’assurance n’est quasiment jamais incluse. Pas de caution requise, mais les loueurs demandent tous de garder votre passeport. Tarifs 100-250 B/jour.

> Location de voiture : A éviter dans Bangkok, elle peut être pratique pour se déplacer dans les campagnes hors des routes touristiques, pour s’offrir un parcours à son propre rythme et éviter les heures d’attente dans les gares routières. Où qu’on soit, il faut rester vigilant car la route peut soudain être en sens unique – même l’autoroute – ou pas- ser de 3 à 2 voies. Attention aux deux-roues qui se faufilent et aux chauffards qui doublent même s’ils n’ont a priori ni le temps ni le droit. Bien garder en tête qu’on conduit à gauche ! Souvent en anglais, les panneaux sont parfois uniquement en thaï ; mieux vaut acheter une carte routière (librairies et stations-services). Tarif de location d’une voiture standard 1 000-1 500 B/jour.

> A vélo, ou à pied : Alternative économique et écologique, le vélo est très agréable pour se déplacer dans les villages comme Sangkhlaburi, Pai, Chiang Khan ou Nongkhai, dans le centre-ville de Chiang Rai et Chiang Mai ainsi que dans les petites îles. Certaines îles n’ont pas de route, ou juste d’étroits sentiers peu fréquentés – Koh Lipe, Koh Bulone, Koh Kradan, Koh Hai, Koh Chang (côte d’Andaman). Dans ce cas, la marche est la meilleure et la seule solution.

Pour en savoir plus sur les guides de tourisme durable : www.viatao.com