Séjour astronomie, vers l’infini et les Cévennes

Babel Plans

Par Élise Chevillard

Posté le 8 mars 2021

Photo Sources: Maxime Tessier.

Dans la nuit noire et pure des Cévennes, au plus près des galaxies, des planètes et autres nébuleuses, Azimut Voyage vous propose d’arpenter le bestiaire céleste avec Xavier, astronome au planétarium de Montpellier. Pendant ce séjour « La tête dans les étoiles », traversez les coins les plus sombres du Parc national au fil d’une randonnée avec des ânes de bât. Les nuits cévenoles seront dédiées aux observations, discussions et constellations, dans des paysages qui touchent le firmament.


Organisateur de séjours immersifs, responsables et solidaires, l’agence Azimut Voyage propose un séjour astronomie itinérant de sept jours avec des ânes de bat qui s’inscrit dans une démarche de valorisation et préservation de la qualité du ciel nocturne. En bivouac ou bien dans un observatoire tenu secret, les nuits seront consacrées à l’exploration du ciel cévenol, du crépuscule au point du jour.

Photo Sources: Maxime Buti

Les nuits d’été étoilées des Cévennes

Sur les coups de minuit, Jupiter, la géante est la première planète à ouvrir le bal accompagnée de ses quatre satellites. Elle est suivie de près par Saturne qui valse au son des grillons. Peu à peu, les yeux s’habituent à l’obscurité. La Voie Lactée s’élève avec majesté et déchire le ciel noir. L’occasion d’observer entre autres le triangle d’été composé d’Altaïr, Deneb et Véga, mais aussi Cassiopée. Quelques heures plus tard, Mars, toute de rouge vêtue entre en scène.

Puis c’est au tour d’Antarès de faire une timide apparition avant de disparaître derrière un nuage. La voûte céleste se révèle au fil de la nuit à ceux qui s’arment de patience et d’un bon lainage.

Photo Sources: Maxime Tessier

Entre deux pluies d’étoiles filantes (Les Perséides) qui, contrairement aux idées reçues ne sont pas l’apanage des soirs d’été, Xavier nous fait un cours sur les planètes, les amas et autres nébuleuses.

Puis, vers 2h du matin, tel un lampadaire, la lune se lève et chasse les derniers objets du ciel qui entament leur lente descente dans le lac des Pises. Les lève-tôt ou les couche-tard seront récompensés par un autre spectacle, l’arrivée de Vénus dans les lueurs de l’aube. Solitaire et majestueuse, cette planète-déesse attire tous les regards quand elle surgit de l’horizon.

Treizième Réserve internationale de ciel étoilé au monde

Après le Pic du Midi, le ciel du parc national des Cévennes (3 560 km2) est l’un des plus purs et des plus noirs de France. En 2018, il a décroché son étoile en recevant le label « Réserve internationale de ciel étoilé » (RICE) devenant ainsi la treizième Réserve internationale au monde.

Source: Guillaume Cannat

Sa volonté de préserver le ciel et de lutter contre la pollution lumineuse des villages et littoraux se retrouve dans plusieurs de ses actions mises en place comme la rénovation de l’éclairage public ; la diminution de la puissance des ampoules ; l’utilisation de lampadaire qui éclairent vers le sol et de lumière jaune-orangée, mais aussi l’extinction de l’éclairage nocturne.

Des rencontres et conférences sont régulièrement organisées afin de sensibiliser la population à la pollution lumineuse. Mais l’enjeu est double car la lumière contrarie aussi la biodiversité nocturne. La nuit est ainsi rendue aux chouettes, hiboux, chauve-souris, et autres papillons de nuit.

Échappée céleste à l’Observatoire des Pises

Après plusieurs heures de marche à travers les estives, l’Observatoire des Pises se dessine à l’horizon, situé à la bordure sud de la réserve de ciel étoilé. Il sera notre refuge pendant 2 jours. Perchée à 1301 m, la coupole se découpe face au lac des Pises. Au XVIIe siècle vivaient ici des moines en totale autonomie de l’élevage des truites dans de grands abreuvoirs ronds appelés Pises. Aujourd’hui, le lieu a gardé cette démarche autonome écologique (panneaux solaires, récupération de l’eau de source, rénovation du toit en lauze…) en souvenir du passé. Depuis 1985, il est devenu un lieu d’accueil pour les astronomes amateurs qui viennent faire ici leurs propres manipulations et travaux de recherche.

L’Observatoire est géré par la Société astronomique de Montpellier qui compte une cinquantaine de membres. Ce sont ces derniers, retraités et passionnés qui ont construit de leurs mains la coupole. Récupérée auprès de l’armée, cette dernière abrite une monture équatoriale et deux instruments, l’un de 500 mn, l’autre de 400 mn. Piloté à distance, l’instrument a permis de découvrir une centaine d’astéroïdes !

Toucher du doigt les étoiles avec Xavier

Ce soir d’été, le ciel tapissé d’étoiles se lit comme un livre ouvert. À l’œil nu, on va pouvoir repérer, guidé par Xavier, des planètes comme Mars, Vénus, Jupiter et Saturne. Avec ses étoiles disposées en forme de casserole, impossible de louper la Grande Ourse qui ne se couche jamais au cours de l’année. On dit d’elle qu’elle est un objet céleste circumpolaire. Bien visibles également, l'étoile Polaire, la constellation de Cassiopée avec ses cinq étoiles en forme de W, des constellations australes comme le Sagittaire et le Scorpion.

À 25 années-lumière, brille Véga dans la constellation de la Lyre, Deneb (2000 années-lumière) dans le Cygne et Altaïr dans l’Aigle. Ces trois étoiles forment le Triangle d’été qui culmine haut à cette saison. Vers 5h le ciel d’hiver se lève, l’occasion de voir des constellations comme Orion, le Grand Chien et Sirius, l’étoile la plus brillante du ciel.

Avec un grossissement de 6 ou 24 fois, les jumelles vont permettre de pénétrer un peu plus dans le ciel profond. En dessous de Cassiopée, Andromède est la seule galaxie que l’on peut observer à l’œil nu. À la fois proche et si lointaine (2,5 millions d’années-lumière), elle apparaît comme une tache cotonneuse et devrait fusionner avec notre galaxie dans environ quatre milliards d'années.

Photo Sources: Régis Domergue

Pendant le séjour, Xavier nous enseigne aussi à monter et à utiliser des galiléoscopes, lunette astronomique utilisée en son temps par Galilée et qui grossit entre 25 à 50 fois. Les satellites de Jupiter, les amas globulaires et même des systèmes d’étoiles doubles comme Epsilon de la Lyre se dévoilent alors. Visibles aux jumelles, certains objets du ciel profonds ne se révéleront pleinement qu’à la lunette ou bien au télescope comme Uranus, Neptune, les anneaux de Saturne, mais aussi M 57 qui répond au doux nom de la nébuleuse de la Lyre.

Photo Sources: Maxime Tessier

Les soirs de bouffaïoli, un terme bien occitan pour désigner une nuit noire, épaisse et sans étoiles, Xavier nous apprend à décrypter et lire une carte du ciel. Les distances et les tailles des planètes n’auront plus de secrets pour nous après un jeu de spatialisation du système solaire en pleine nature cévenole.

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