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Trump dynamite les terres sacrées

By Élise Chevillard

Posté le 9 mars 2020

Il s’élèvera à presque neuf mètres de haut, traçant une frontière de béton sur plus de 643 kilomètres, le mur anti-migrants de Trump divise et détruit l’histoire et le paysage sur son passage. Car aujourd’hui, il menace vingt-deux sites sacrés des Premières Nations ,à l’intérieur d’Organ Pipe Cactus National Monument, mais aussi la faune et la flore de cette réserve.


Début février, le Pentagone a débloqué 3,8 milliards de dollars de plus pour construire le mur frontalier avec le Mexique. Une fois de plus, le mur de Trump se retrouve au cœur d’une polémique, accusé de détruire des sites sacrés autochtones afin d’ériger une nouvelle portion qui traversera sur près de 70 kilomètres le parc national.

Vingt-deux sites sacrés des peuples autochtones menacés

En février dernier, au sud de l’Arizona, dans une zone limitrophe avec le Mexique, la terre a tremblé pour la énième fois troublant le calme du désert de Sonora. L’origine ? Des explosions qui servent à préparer le terrain pour construire le mur de Trump balayant ainsi sur leur passage des histoires millénaires.

Car l’Organ Pipe Cactus National Monument abrite de nombreux sites sacrés pour les Premières Nations. C’est le territoire de la tribu Tohono O’odham, mais aussi un lieu de repos des guerriers apaches. Des sépultures s’avèrent donc se trouver sur le passage du mur, ce qui n’a pas refroidi Trump qui, se moquant de l’écologie, des peuplades et des lois n’a pas hésité à dynamiter plusieurs endroits. De plus, des archéologues avaient également découvert sur ces lieux, des artéfacts et des ossements datant de 10 000 ans.

Une réserve naturelle en danger

En plus d’une partie de l’histoire américaine qui est en train de partir en fumée, c’est aussi un paysage qui change. Les spécialistes s’inquiètent d’ors et déjà des impacts que ces destructions vont avoir sur cet écosystème. S’étendant sur plus de 1300 km2, l’Organ Pipe Cactus National Monument est aussi une réserve naturelle reconnue depuis 1976 et protégée par l’Unesco.

On y trouve une biosphère d’une rareté unique avec notamment une faune et une flore diversifiée, des plantes endémiques et des espèces animales et végétales. Ainsi que des cactus bicentenaires protégés en Arizona. Ces derniers sont pour la tribu Tohono O’odham des réincarnations de leurs ancêtres.

Un mur qui s’est construit en plusieurs étapes

Mesure phare du programme de Trump, dont il avait fait la promesse, l’idée d’une telle barrière pour stopper l’immigration clandestine le long de la frontière avec le Mexique ne date pourtant pas d’hier. Dans les années 1980, la guerre que se livrent les États-Unis contre le trafic de drogue justifie le renforcement à la frontière mexicaine.

Des prisons locales sont ouvertes, le personnel pénitencier est augmenté, des patrouilles à cheval sont mises en place. L’escalade sécuritaire est en marche, la militarisation de la frontière aussi. Les premières barrières physiques s’élèvent. Sous les mandats de Clinton, des sections de barrières frontalières sont installées et sous Georges W. Bush ce sont 1 200 kilomètres qui seront construits.

Commencé en 2019, le mur anti-migrants de Trump à la frontière mexicaine peine à dissuader les candidats à la « traversée ». En février, ils étaient plusieurs Mexicains à franchir le mur sur de simples échelles contre 99 pesos.