Un "Panorama du cinéma colombien" sur les écrans parisiens

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Par Sabine Grandadam

Posté le 14 octobre 2025

C’est avec “Un poète“ - un film qui sortira sur les écrans demain mais qui sera projeté ce jour, mardi 14 octobre au cinéma l’Arlequin en avant-première et en présence du réalisateur Simón Mesa - que s’ouvre à Paris le 13ème Panorama du cinéma colombien (PACCPA, du 14 au 19 octobre). Organisé par l’association "Le Chien qui aboie" ("El Perro que ladra", en espagnol), ce festival présente chaque année le meilleur du cinéma d’auteur de Colombie et d’autres pays d’Amérique latine.


Depuis 2013, il est devenu l’incontournable rendez-vous des aficionados comme des cinéphiles curieux, avec une sélection de longs et courts métrages, de documentaires, de films jeunesse et d’animation, autant d’oeuvres qui font écho aux questionnements et aux thématiques propres au continent latino-américain - et parfois, universels. Depuis son lancement en 2009, l’association Le Chien qui aboie, composée de bénévoles impliqués, affiche son ambition de donner une place au cinéma latino-américain dans les salles de cinéma européennes et de créer un espace de rencontre entre le public et les auteur(e)s.

Voyages amazoniens

C’est à un voyage dans des territoires peu fréquentés par les touristes que nous convie le festival cette année encore. Par exemple, dans les terres interlopes qui marquent la frontière amazonienne entre la Colombie et le Venezuela, du côté du fleuve Orénoque et de la quête effrénée de ses richesses aurifères. Avec ce film, Morichales, réalisé par le cinéaste et anthropologue Chris Gude, le spectateur plonge dans le labeur et les boues qui conditionnent, jour après jour, l’appât de l’or. Et c’est aussi en Amazonie que nous emmène Lanawaru, un court-métrage sur une communauté qui, effrayée par la disparition d’un des leurs, se réfugie dans ses rituels ancestraux afin de contrer la peur de la mort.

Ruines modernes et anciennes

Autres lieux, autres problèmes, comme ceux qui rapprochent nos sociétés contemporaines d’ici ou de là-bas, mais toujours avec cette tonalité singulière du récit latino-américain. Dans Un poète, un personnage sans gloire accroché à son art et perclus de désillusions, croit deviner sa rédemption dans sa rencontre avec une jeune femme talentueuse qu’il veut encourager. Simón Mesa, réalisateur colombien, signe là une comédie noire où rien ne se passe comme prévu. Dans le film Las ruinas nuevas, le réalisateur argentin Manuel Embalse ausculte les scories de nos objets technologiques, circuits imprimés et autres déchets électroniques qui constituent autant de traces inertes mais accusatrices de nos appétits de consommation. On peut aussi revenir au passé douloureux de la Colombie avec le film 09/05/1982, où les réalisateurs Camilo Restrepo et Jorge Caballero, qui nourrissent une même obsession pour les fractures de l’histoire colombienne, s’interrogent sur la manipulation de la mémoire avec l’histoire d’un film retrouvé, datant de 1982, retraçant des événements violents, mais qui soulève le doute.

En une petite semaine, ce 13ème Panorama ouvre une fenêtre sur les talents cinématographiques de la Colombie, de l’Argentine ou du Paraguay, avec, en point d’orgue, une part généreuse réservée au jeune public dans la section Petit chiot du festival.


POUR EN SAVOIR PLUS :
13ÈME PANORAMA DU CINÉMA COLOMBIEN
DU 14 AU 19 OCTOBRE 2025 aux cinémas l’Arlequin et Reflet Médicis à Paris