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Amed Peduli Alam : les magiciens du plastique

Si Peduli Alam n’existait pas, il faudrait l’inventer. De toute urgence. À Amed, dans le Nord-Est de Bali, prenez le temps de rentrer dans cette boutique d’artisanat local et découvrez l’histoire extraordinaire qui se cache derrière leurs créations...

Le Nord-Est de l’île est une des régions les plus préservées de Bali. Le tourisme se développe depuis quelques années à Amed, un petit village de pêcheur authentique et plein de charme. C’est ici que Charlotte Fredouille a le coup de cœur lors d’un voyage en 2007. Elle décide de s’y installer plusieurs mois et comprend rapidement les réalités auxquelles sont confrontés les habitants...

Un constat alarmant : le plastique envahit ce bout de paradis

Bali, surnommée l’île des Dieux, se voit rebaptisée à vitesse grand V l’île du plastique... Derrière la carte postale idyllique se cachent d’autres réalités beaucoup moins séduisantes. La pollution plastique envahit les rivières, les terres et l’océan.

Il y a encore quelques années, les déchets étaient essentiellement organiques, les emballages en feuilles de bananier. On les donnait aux cochons ou on en faisait du compost. Aujourd’hui, tout ce que mangent les Balinais (snacks, beignets, cacahuètes), tout ce qui se vend, est mis en sachet puis mis dans un sac plastique et enfin dans un autre sac plastique encore plus grand. Le café, les shampoings, les lessives sont vendues en dosette dans des petits emballages individuels. La consommation intensive de plastique est devenue alarmante et la pollution qui en résulte immense.

Agir, et vite

À Bali, en dehors des villes et des zones touristiques, aucun système de ramassage des ordures n’existe, alors tout le monde jette ses plastiques comme il peut. La plupart les brûlent, provoquant des fumées toxiques. Les habitants des zones rurales, pêcheurs et agriculteurs, ne connaissent pas les conséquences et les dangers causés par le rejet des ordures dans la nature.

C’est en 2008 que Charlotte Freudouille décide de s’engager. Comment changer cette situation ? Que faire pour intervenir dans une région isolée, laissée pour compte par les autorités locales ? La même année, elle crée l’association Peduli Alam, qui signifie « Protéger la nature » en indonésien. Commence alors un long et déterminé combat contre le plastique.

Récompensée en 2011 par le Prix Terre de Femmes de la fondation Yves Rocher, Charlotte démontre qu’avec de l’énergie, de la volonté et du bon sens, il est possible de mettre en place des solutions solidaires et durables.

Objectif : collecter les déchets ménagers

Depuis le début, la priorité de l’association est de sensibiliser la population aux dangers de cette pollution. Bon sens, générosité et respect : loin des discours culpabilisants, Peduli Alam a toujours mis en avant l’information et l’éducation. L’équipe intervient dans les écoles, organise des ateliers et participe à différents évènements et festivals sur toute l’île.

L’action majeure consiste à mettre en place le tri sélectif. Des sacs de riz vides sont offerts aux familles pour y jeter les emballages et leur expliquer la différence entre les différents types de déchets pour ne pas mélanger ce qui est organique et qui peut être mis au compost, du plastique.

La deuxième étape importante a été de construire des poubelles et les installer au bord des routes. Enfin, vient la création et l’organisation du ramassage en trouvant un camion pour récolter les ordures.

Des résultats encourageants

L’équipe opérationnelle sur place est composée de quatre personnes qui s’occupent de la collecte des déchets, une personne pour la fabrication des poubelles et une directrice, Heike, qui vit à Amed et supervise le projet : « Après presque dix ans d’existence nous avons distribué environ 400 poubelles publiques. Nous ramassons chaque mois 50 tonnes de déchets. »

Leurs bonnes idées ne s’arrêtent pas là. En attendant la création de leur propre centre de tri, Peduli Alam a déjà élaboré un projet de recyclage de certains emballages plastiques. Grâce à cette initiative, l’association a développé un artisanat nouveau, entièrement réalisé avec des matériaux de récupération. Ces créations donnent une deuxième vie au plastique et offrent un revenu complémentaire aux femmes des environs. Un atelier de couturières-recycleuses composé de 14 femmes réunies en coopérative indépendante, leur permet de vendre leurs propres produits recyclés. Charlotte nous confirme qu’un million de sachets plastiques ont été recyclés et transformés en sacs et autres accessoires.

Bien plus qu’une boutique

À deux pas de la plage de Lipah, la boutique est ouverte chaque après-midi. Vous trouverez des sacs, des portes monnaies, des objets pour la maison, des pailles en bambou… Ces souvenirs originaux ont du sens et participent à la fois à la protection de l’environnement et à la création d’emplois en  local. Vous tomberez peut-être en plein atelier créatif et durable avec les enfants des environs, qui sont devenus de vrais acteurs de Peduli Alam. Pourquoi pas, à votre tour, donner un coup de main lors de votre voyage à Bali ? Depuis 2015, Peduli Alam s’est rapproché de l’association Trash Hero pour faire du « beach cleaning ». Une fois par semaine, des volontaires, dont de nombreux voyageurs de passage, participent tous ensemble au nettoyage de la plage !

Peduli Alam
Bunutan, Abang, District de Karangasem
Amed
Bali – Indonésie

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Rédactrice le
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