Société

Vous avez dit écotourisme ?

By Viatao

Posté le 6 février 2012


Distinguer le bon grain de l’ivraie

Les amateurs de découverte naturelle et authentique seront sans doute séduits par les nombreux eco-resorts, et autres eco-tours qui ont fleuri en Thaïlande. Mais le préfixe éco et le terme écotourisme, qui répondent à une demande croissante, cachent bien des réalités. Selon la Société internationale d’écotourisme (TIES), l’écotourisme désigne "une forme de tourisme responsable pratiqué dans des espaces naturels, qui protège la nature et contribue au bien-être des communautés locales".

On en est souvent bien loin, en Thaïlande comme ailleurs. Ainsi, de charmants hôtels flottants, autoproclamés eco-resorts, déversent les eaux usées de centaines de bungalows dans la rivière qui les accueille. Dans le Nord, des tour-opérateurs vendent des hill tribe tours, censés respecter les communautés, mais qui en réalité exploitent les tribus des villages, dont les enfants sont réduits à danser devant les touristes pour quelques bahts.

Pour ne pas vous retrouver embarqué dans une aventure d’un goût douteux, suivez les traces du Natural Guide qui, au-delà des étiquettes, a sélectionné les opérateurs qui font de réels efforts pour honorer l’esprit de l’écotourisme. Vous pouvez aussi faire confiance à des associations comme REST / CBT-I ou NATR (cf. ci-dessous).

Quelques organisations thaïlandaises

La fondation Green Leaf travaille sur la certification environnementale des hôtels, la recherche et la sensibilisation en matière de conservation environnementale .

Internationalement reconnue, l’organisation REST (Responsible Ecological and Social Tours Project) s’investit dans le développement du tourisme communautaire. Son équipe dynamique forme les communautés à gérer elles-mêmes l’accueil des visiteurs, en offrant hébergement et activités – de la randonnée aux travaux des champs, en passant par les cours de cuisine ou la découverte des orchidées sauvages. Les villageois, et en particulier les femmes, peuvent ainsi générer un revenu complémentaire sans empiéter sur leurs activités quotidiennes. REST et le Thailand Research Fund ont créé le CBT-I, Thailand Community Based Tourism Institute (Chiang Mai, T 053 948 286-7, F 053 807 001, [email protected])

Après avoir soutenu les victimes du tsunami, l’association NATR accompagne les communautés de la côte d’Andaman vers une autonomie économique basée sur la production d’artisanat et l’accueil de touristes (et dorénavant de volontouristes) dans leurs villages (www.andamandiscoveries.com).

L’association TEATA (Thai Ecotourism and Adventure Travel Association) regroupe des opérateurs touristiques privés (hôtels, activités nature et culture telles que randonnée, méditation, plongée, agrotourisme, etc.) qui sont "entre 30 et 70 % verts", dixit la présidente Khun Supaporn, signifiant ainsi que ces opérateurs font des efforts - encore très inégaux - pour tendre vers des pratiques responsables.

Observer et protéger les derniers gibbons, éléphants et raies mantas

La Thaïlande est un des sanctuaires mondiaux de la biodiversité, comme le rappellent ses 102 parcs nationaux. Mais tous ne protègent pas réellement la faune et la flore, d’autant que certains sont envahis par les constructions touristiques, au mépris des lois. Leur gestion est décentralisée, et donc très inégale. Ils sont sous la menace permanente de projets immobiliers, malgré les luttes quotidiennes des associations environnementalistes et de quelques activistes locaux. Ainsi, petit à petit, l’habitat de dizaines d’espèces en danger est grignoté par les pelleteuses.

Outre les dégâts de l’expansion immobilière, le tourisme pèse aussi directement sur l’avenir de plusieurs espèces transformées en attraction ou en objet commercial. Les gibbons sont capturés pour servir de modèles photo et les éléphants dressés dans des camps à jongler avec un ballon. Les rares tortues qui survivent à l’envahissement de leurs sites de pontes par les touristes doivent fuir les chasseurs qui rêvent de transformer leur carapace en peignes et bijoux. Quant aux ours, c’est leur bile qui est achetée à prix d’or pour finir sous forme d’aphrodisiaque chinois. Les parcs nationaux offrent une mince protection pour ces espèces en danger.

De nombreuses initiatives ont fleuri pour protéger et réhabiliter les espèces en danger. Certaines offrent des possibilités d’hébergement et de volontariat. Là encore, un peu de discernement s’impose pour distinguer les meilleurs projets et associations (Elephant Conservation Network, Gibbons Rehabilitation Project, Wildlife Society of Thailand, UICN, WWF, etc.) de la supercherie douteuse à but lucratif (Tiger Conservation Project à Kanchanaburi).

Pour en savoir plus sur les guides de tourisme durable : www.viatao.com